Rendez-vous d'informations mutualistes, coopératives et associatives    

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20-21 octobre 2016- Strasbourg
36e congrès des Scop et SCIC
« Ce congrès est un temps rare et précieux pour rencontrer des coopérateurs et coopératrices de toutes régions, partager ses idées et favoriser l’intercoopération au-delà de son métier. Place à l’audace ! ». Tous les quatre ans, le mouvement des Scop et SCIC démontre le bienfait de ses démarches via un congrès national...
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24 octobre 2016- Paris
5e Rencontre nationale des collectivités locales autour de l’ES
Ce temps fort annuel du Réseau des collectivités territoriales pour une économie solidaire (RTES) est inscrit « dans la déclaration commune des réseaux de collectivités, “L’ESS, un modèle économique à part entière...
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2-4 novembre 2016 - Marseille
Semaine économique de la Méditerranée
L’ESS passe par le numérique et la première semaine de novembre sera importante dans le sud de la France, avec le thème, Le numérique...
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DES IDÉES ET DES MOTS

 

8 décembre 2011
La rubrique « Economie publique » des Brèves du Ciriec du mois d’octobre, rédigée par le professeur Philippe Bance (université de Rouen), revient sur les origines de la crise que nous connaissons actuellement : « Les prévisionnistes, analystes et politiques annonçaient, à grand renfort de communication, le retour de la croissance pour le second trimestre 2011. Cette "positive attitude", selon l’expression utilisée dans les Brèvesde juin, a fait long feu. Dure fut la désillusion en ces mois d’août et de septembre. Le krach financier est de retour, avec son cortège de menaces économiques et sociales qui ne renvoient plus à 2008 mais quatre-vingts ans en arrière ! De multiples travaux montrent que les crises financières ont de profondes répercussions économiques et sociales. Et cette crise n’est plus seulement financière, c’est bien plus encore celle de l’action publique. Où se trouve l’origine de cette crise qui nous frappe ? 2008 ? Que nenni, dira l’observateur enclin au recul historique : il faut remonter le temps. La "révolution libérale" des pays anglo-saxons, le consensus de Washington de 1985, la dynamique marchande de l’Union européenne, la dérégulation financière, en particulier l’abrogation en 1999 de la loi américaine Glass-Steagall de 1999, caractérisent une époque durant laquelle le pouvoir politique a donné aux marchés une grande latitude pour régir l’économie et la finance. Cette période doit être appelée celle des... trente conquérantes du néolibéralisme. Des années qui consacrent le retour en force de la célèbre doctrine smithienne du laisser-faire et de l’autorégulation marchande, qui avait régné avant la grande dépression au point de la susciter, par rejet doctrinaire de l’intervention publique. »

1er décembre 2011
Dans une interview parue dans le journal La Tribune le 17 novembre 2011, Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix 2006, surnommé le « banquier des pauvres », souhaite donner leur place aux pays pauvres dans le concert des nations : « Le monde traverse un moment clé de son histoire, l’euro une crise existentielle. Or, si l’Europe ne parvient pas à sauver l’euro, elle va entraîner l’économie mondiale dans la récession. Dans les pays de l’OCDE, le chômage avoisine les 10 % en moyenne ; en Espagne, près d’un jeune sur deux est sans emploi, la Grèce suit la même tendance, alors que la France et le Portugal sont autour de 20 %. Comment notre système qui, pourtant, génère énormément de richesses, en est-il arrivé là ? Est-ce ainsi que nous imaginions le monde libre ? Quel avenir proposons-nous aux jeunes ? C’est dramatique. Pour le G20, j’avais deux propositions, reprises par Nicolas Sarkozy. La première voulait que le G20 intègre le social dans ses discussions. La globalisation a un impact direct sur la vie quotidienne. On ne peut séparer l’économie du social. Ma deuxième proposition vise à la transformation du G20 en un G25 dans lequel, pour chaque continent, un pays pauvre siégerait à part entière. Car si les nations les plus démunies ne sont pas invitées à la table des discussions, elles ne sont pas prises en considération. L’équilibre de la planète en dépend. Le président Sarkozy y est favorable. Nous sommes déjà en discussion avec le président Felipe Calderon pour le prochain G20 qui aura lieu à Mexico en juin 2012. »

23 novembre 2011
Dans La Tribune du 12 octobre, la rubrique « Point de vue », rédigée par Antoine de Roffignac, associé de la société de conseil Associés en gouvernance, présente les avantages du modèle coopératif : « Un sentiment d’impuissance gagne : les décideurs économiques peinent à sortir d’une logique dans laquelle ils ont prospéré ; nos gouvernements pansent les plaies, mais à quel coût ! Et proposent souvent des remèdes pires que le mal. Pourtant, des entreprises d’un autre type taillent leur route, sans bruit. Leur succès interpelle : les coopératives pèsent aujourd’hui près de 30 % du commerce de détail français et 40 % de l’industrie agroalimentaire. Et leurs parts de marché ne cessent de croître. L’organisation coopérative est méconnue. Elle repose sur trois principes : la mutualisation par les coopérateurs de moyens matériels et humains, la solidarité par le partage du savoir-faire, la démocratie d’une gouvernance dont la règle « un homme, une voix » consacre l’égalité de la prise de décision. Les coopérateurs sont tout sauf des idéalistes : leur forme d’organisation collective est pour eux le meilleur moyen d’assurer leur réussite individuelle. Et par leur implication dans la gestion, leur esprit d’entreprise imprègne le système tout entier. »

17 novembre 2011
Dans son édition du 15 novembre, la lettre de l’Agence fédérale d’information mutualiste (Afim) revient sur le conseil national de la Fédération nationale de la Mutualité française, consacré au développement des services de soins et d’accompagnement mutualistes (Ssam), qui a eu lieu le 10 novembre à Paris. L’Afim cite notamment Etienne Caniard, président de la Mutualité française, qui participait aux travaux : « Il est important de nous doter d’outils permettant d’objectiver la valeur ajoutée et l’utilité de la Mutualité française dans la société. Il s’agit également de mesurer ce que les services de soins et d’accompagnement mutualistes apportent à nos métiers d’assureurs », a-t-il expliqué. Le président souhaite travailler à « définir la valeur ajoutée de nos réalisations » : « On compare nos frais de gestion à ceux d’autres opérateurs d’assurance, à ceux de l’assurance maladie quand on parle de délégations de gestion, on compare la façon dont les centres de santé rendent un service par rapport à la médecine ambulatoire libérale... Ces comparaisons nous mettent dans l’embarras, tout simplement car elles ne tiennent pas compte de nos spécificités et de la valeur ajoutée sociale que nous représentons. » D’où l’idée de travailler, dans le courant de l’année 2012, à une évaluation objective du « service social rendu » par la Mutualité.

10 novembre 2011
Acteurs de changement, la publication éditée en novembre par le Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale (CNCres) à l’occasion du Mois de l’ESS, propose un édito de Bruno Solo dans lequel le comédien revient sur l’intérêt de se battre pour une économie plus juste et plus équitable : « Le cynisme économique et la déshumanisation de nos sociétés au profit de réflexes bancaires et financiers nous font aller dans le mur. Alors que les politiques semblent débordés par la situation, certains d’entre nous ont compris qu’une autre économie était possible : une économie où on répartirait mieux les bénéfices et où la richesse serait redistribuée de manière équitable. Cette économie existe : associations, mutuelles, coopératives en sont des illustrations formidables. Face au désespoir généralisé, ne lâchons rien ! Ne cédons pas à la paresse intellectuelle en nous contentant de slogans. Secouons-nous. Réfléchissons autrement à l’avancée de ce monde. Nous avons tous un devoir de résistance et une responsabilité personnelle à changer les choses. A ceux qui relèvent chaque jour ceux qui sont à bout de forces et à ceux qui sont à terre, je dis : “ Rassemblons-nous pour donner à chacun le courage de se relever “. Alors, ensemble, créons le mouvement ! Rendez-vous en novembre pour le Mois de l’économie sociale et solidaire. Parce qu’on peut tous demain devenir des acteurs de changement. Vraiment ! »

4 novembre 2011
Nord-social.info, le site d’informations sur l’économie sociale et solidaire et sur les questions sociales, a publié fin octobre un article présentant les principales propositions qui devraient être adressées, dès ce mois-ci, par le Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale (CNCres) aux candidats à l’élection présidentielle. Ces propositions, annoncées par Jean-Louis Cabrespines, président du CNCres, lors de la conférence de presse de lancement de la quatrième édition du Mois de l’ESS, sont les suivantes : « Représenter les syndicats d’employeurs de l’économie sociale et solidaire dans les instances de dialogue social, au niveau territorial et national ; réduire les écarts de rémunération dans les entreprises en fixant notamment une échelle des salaires raisonnée et raisonnable dans chaque secteur ; répartir équitablement les résultats excédentaires dans les entreprises entre investissement pour le développement, rémunération du travail et redistribution aux sociétaires ou associés ; soutenir la reprise d’entreprises sous forme coopérative, les entreprises sans capitaux et plus largement l’innovation sociale dans les politiques publiques, nationales et européennes ; développer des pôles territoriaux de coopération économique entre entreprises de l’économie sociale et solidaire pour mutualiser emplois et activités ; enseigner l’économie sociale et solidaire à l’école, à l’Université, en formation initiale et continue. »

26 octobre 2011
Dans le numéro d’octobre de sa publication Actualité Gema, le Groupement des entreprises mutuelles d’assurance propose un article consacré au doublement de la taxe sur les contrats de complémentaire santé décidée par le gouvernement à la rentrée. « Qu‘il le veuille ou non, en taxant une nouvelle fois les contrats complémentaire santé, le gouvernement donne le sentiment de s’attaquer aux mutuelles de santé et à leurs millions d’assurés. [...] Les protestations contre cette décision ont été immédiates et vives du côté de la FNMF et du Gema, qui constatent que la charge fiscale frappant les contrats complémentaires santé s’élève maintenant à plus de 13 % et le gouvernement n’a pris aucun engagement d’en rester là pour l’avenir [...]. La hausse de la taxe sur les contrats entraînera inéluctablement une hausse des tarifs et les injonctions du gouvernement à ne pas répercuter la mesure sonnent faux, car les mutuelles n’ont pas d’autres sources de revenus pour compenser la hausse des taxes. Les mutuelles de santé sont généralement des sociétés mono-branche, mono-produit : [...] elles ne font bien souvent que de l’assurance complémentaire santé, qui constitue leur unique activité. L’assurance santé est une activité très spécifique, parce qu’elle vient en complément des régimes obligatoires, qu’elle exige des systèmes informatiques dédiés et sophistiqués, qu’elle traite une masse importante de demandes de remboursement : tout cela fait que la plupart du temps les assureurs santé sont spécialisés dans ce créneau et n’ont pas de ressources cachées. [...] Le résultat de cette politique (celle du gouvernement, NDLR) sera d’exclure un nombre croissant de malades de l’accès aux soins et de créer une véritable fracture sanitaire dans le pays : le sentiment des mutualistes est que l’on est déjà dans cette situation. »

20 octobre 2011
Dans l’éditorial des Brèves du Ciriec France (octobre 2011), Marcel Callabero, son président, déplore l’entêtement de nos gouvernements à préserver le système économique actuel, bien qu’il ait désormais apporté la preuve de ses limites : « Ils veulent, à tout prix, sauver un système qui a fait faillite, que l’on ne peut plus réparer, et qu’il faut impérativement changer. [...] Le mal étant maintenant déclaré et apparemment irréversible, il est trop tard pour le prévenir. Il faut donc nous interroger sur le rôle de l’économie publique et de l’économie sociale dans la création et la mise en œuvre d’un nouveau système, fondé sur la satisfaction des besoins du plus grand nombre, la gestion démocratique de l’économie et la non-appropriation individuelle des profits. » Et le président de rappeler que cette interrogation était déjà au centre des débats du congrès international du Ciriec en 2008 à Séville, et de revenir sur l’intervention de Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie : « Il dénonçait la religion dominante des vingt-cinq dernières années, qu’il appelle “le fondamentalisme du marché”. Ce fondamentalisme impose, d’après Stiglitz, “une économie qui privilégie l’intérêt privé au détriment de l’intérêt général ; une économie qui n’est pas innovatrice, mais, au contraire, fait obstacle à l’innovation et à l’efficacité pour maximiser les bénéfices à court terme de quelques uns”. »  Marcel Callabero explique que, pour Joseph Stiglitz, « une économie équilibrée avec un secteur privé traditionnel, un secteur public efficace et une économie sociale en progression est un modèle d’avenir ». L’économie sociale doit saisir la chance historique que constitue la crise financière « en inscrivant ses initiatives dans ce modèle d’avenir. Ses potentiels de succès résident dans ses propres valeurs et ses pratiques. Mais pour être entendue, elle doit réaliser des alliances avec les forces sociales qui partagent sa volonté de transformation du système économique ».

13 octobre 2011
L’édito de septembre du Bisma, le bulletin d’informations de la Mutualité sociale agricole (MSA), signé par Gérard Pelhate, président de la MSA, revient sur les défis du vieillissement : « Chacun sent bien que le modèle (économique et social, NDLR) conçu à l’époque des Trente Glorieuses doit évoluer. Les plus de 60 ans et les plus de 75 ans représentent respectivement 23 % et 9 % de la population, contre 16 % et 3,4 % en 1950. Les prévisions sont de 32 % et 16 % pour 2050. Ce vieillissement démographique, qui implique à l’évidence des révisions et donc des choix délicats, nécessite d’être géré dans la durée et sur la base d’arbitrages clairs. C’est pourquoi nul ne saurait se satisfaire du nouveau report de la réforme de la dépendance qui souligne le risque d’assister, sous la pression des contraintes financières immédiates et sans réelle perspective d’ensemble, au grignotage progressif des mécanismes de solidarité, garants de la cohésion sociale. Le pacte social n’est certes pas intangible et la MSA est prête à assumer ses responsabilités dans les débats sur sa refondation, mais encore faut-il que les sujets soient abordés au fond et dans la transparence. »

29 septembre 2011
La Lettre de Coop FR de septembre propose un numéro spécial consacré à la responsabilité sociale des entreprises (RSE), un sujet auquel l’organisation avait consacré une conférence en juin dernier. La publication reprend notamment l’introduction aux débats, prononcée par Raymond Oliger, président de la Fédération nationale des Banques populaires, et dont voici un extrait : « La notion de RSE va prendre de plus en plus d’importance au sein du monde bancaire. La crise récente qui a ébranlé l’ensemble des secteurs économiques a en effet remis en question un certain nombre de pratiques et a amené les banques à rechercher ce supplément d’âme que l’on attend d’elles au quotidien. Il existe déjà pour les banques cotées en Bourse une obligation de publier un rapport annuel RSE, mais nous devons désormais élargir notre réflexion et chercher à savoir comment les banques et les entreprises coopératives vont pouvoir à l’avenir se différencier des autres acteurs de l’économie sur cette question. Il existe selon moi une proximité historique entre le monde coopératif et la RSE, et les pratiques qui en découlent nous sont relativement familières. Ces pratiques ne sont toutefois pas suffisamment affirmées dans notre discours et dans notre communication. Nous sommes aujourd’hui confrontés à un danger de banalisation, car nombre d’entreprises cherchent elles aussi à développer la dimension RSE et à axer leur communication sur cet aspect. Il y a donc pour nous une nécessité absolue de réaffirmer notre proximité avec les grand principes de la RSE afin d’être en mesure de davantage nous distinguer sur ce plan. [...] La réflexion autour de l’éventuelle constitution d’une charte RSE pour les entreprises coopératives mérite selon moi d’être menée. »

22 septembre 2011
A l’occasion de la première parution de sa lettre Panorama, datée de juillet 2011, l’Observatoire de l’économie sociale et solidaire en Ile-de-France revient sur la place des femmes dans l’ESS : « La place des femmes est prépondérante dans l’économie sociale et solidaire, avec 65 % de femmes parmi les salariés. Cette proportion atteint 72 % dans l’action sociale. Cependant, la place des femmes ne se restreint pas à des secteurs dits traditionnellement féminins : dans les activités financières et dans les services aux entreprises, leur part est aussi plus importante que dans le reste de l’économie privée. La répartition des salariés dans l’économie sociale et solidaire est atypique avec plus de deux tiers des salariés concentrés dans les catégories des professions intermédiaires et des employés ; les ouvriers sont peu présents (9 %) et les cadres représentent 24 % des salariés. Surreprésentées dans l’économie sociale et solidaire, les femmes occupent cependant moins souvent des postes d’encadrement (20 %) que dans le reste de l’économie privée (23 %). On remarque des situations contrastées dans certains secteurs : 41 % des femmes sont cadres dans l’enseignement, contre 21 % dans le reste de l’économie privée. De même, 18 % des femmes sont cadres dans la santé, contre 5 % dans le reste de l’économie privée. »


15 septembre 2011
Dans son numéro de septembre, Mut’Echo revient, à travers une interview d’Etienne Caniard, président de la Mutualité française, sur les menaces que fait peser sur l’accès aux soins le plan de rigueur Fillon. Ce plan prévoit notamment un passage de 3,5 à 7 % de la taxe sur les conventions d’assurance (TCA), une taxe à laquelle sont assujettis les contrats responsables proposés par les mutuelles. « Matignon a pensé, à tort, que le doublement de la taxe des contrats solidaires et responsables passerait inaperçu en le présentant comme une mesure technique de suppression d’une niche fiscale qui aurait atteint ses objectifs. La réalité est tout autre. Il s’agit d’un choix délibéré de taxation indirecte des Français, en fonction non pas de leurs revenus, mais de leurs besoins de santé, explique M. Caniard. Les difficultés d’accès aux garanties complémentaires et donc aux soins risquent de modifier le comportement des patients dans le sens d’un plus grand recours à l’hôpital, par exemple pour les urgences. Paradoxalement, cette taxation des complémentaires pourrait augmenter les dépenses de l’assurance maladie tout en dégradant la santé de concitoyens par un recours aux soins plus tardif. Cette mesure va à l’encontre d’une meilleure organisation des soins. [...] Rendre les complémentaires plus difficilement accessibles, notamment pour les plus défavorisés d’entre nous, revient à accroître les difficultés d’accès aux soins ! D’une manière moins brutale, mais tout aussi préoccupante, on observe déjà, depuis plusieurs années, un phénomène de baisse de gamme dans le choix des garanties. Le coût croissant des complémentaires dissuade un certain nombre de nos concitoyens d’opter pour des couvertures de qualité. »


8 septembre 2011
Dans son numéro de juillet, la Revue internationale de l’économie sociale (Recma) propose un article de Carlo Borzaga, Sara Depedri et Ermanno Tortia (université de Trente, faculté de sciences économiques) présenté sous la forme d’un plaidoyer en faveur du pluralisme économique. En voici l’introduction : « Les approches économiques dominantes ont jusqu’à présent minimisé et marginalisé le rôle que jouent les entreprises coopératives et sociales dans les économies de marché contemporaines. Ce manque d’attention est certainement dû au fait qu’il est difficile d’appliquer aux coopératives et aux entreprises sociales deux des présupposés fondateurs des théories orthodoxes sur la micro-économie (la participation exclusive d’individu ayant à cœur leu intérêt propre, d’une part, et la maximisation des profits, d’autre part) comme uniques objectifs de l’entreprise. L’inadéquation entre la théorie et la réalité a mené à une sous-estimation du potentiel de croissance, du poids et du rôle des coopératives et des entreprises sociales. Les théories institutionnalistes ne sont pas parvenues non plus à expliquer la persistance et le croissance de ce type d’entreprise. Ainsi, nous proposons d’élargir les hypothèses des modèles économiques dominants et de considérer les entreprises comme de coordination des activités économiques, dont les parties prenantes sont motivées par des finalités diverses et affichent des préférences complexes. Pour gérer cette complexité des motivations et des comportements, les coopératives et les entreprises sociales développent des modes d’organisation spécifiques. Il est courant que les objectifs qu’elles poursuivent soient ambigus : elles peuvent envisager la propriété privée tout en ayant des objectifs de bénéfices mutuels et de biens communs soutenus par des préférences altruistes. »


1er septembre 2011
L’éditorial d’Hubert Allier, directeur général de l’Uniopss, publié dans le numéro d’août-septembre d’Union sociale évoque notamment la nécessité des associations à se regrouper en ces temps difficiles de défis sociaux, économiques, politiques et environnementaux : « [La] démarche prospective engagée par la Fonda* autour de la thématique “Les associations se projettent” se donne pour objectif d’aider les acteurs à construire l’avenir ensemble. Une initiative qui répond à ceux qui veulent renforcer la capacité d’action et de transformation de la société civile dans les domaines de la vie sociale, économique et politique. Ce travail aboutira à une université d’automne où seront proposés et validés les pistes et scénarii qui seront partagés par le plus grand nombre. [...] Dans un monde fait de turbulences, d’invraisemblances, avec ses injustices et la difficulté pour les hommes politiques de reprendre la main sur une économie qui impose ses lois, il est de la responsabilité de chaque citoyen de réfléchir à ce qu’il peut faire individuellement et collectivement pour peser sur les échéance électorales à venir. »

* Fonda : association de loi 1901 créée en 1981 dont l’objectif est de promouvoir la vie associative et de mettre en valeur la place spécifique des associations comme acteurs à part entière parmi les autres intervenants politiques, économiques et sociaux.


26 août 2011
Le numéro de juillet de la lettre Folio 58 publiée par l’Institut de la protection sociale européenne (Ipse) consacre un bel article au livre de Philippe Frémeaux La nouvelle alternative ? Enquête sur l’économie sociale et solidaire – un ouvrage de qualité déjà présenté cet été sur notre site ainsi que dans la version papier de La Lettre 1427 datée du 7 au 13 juillet. « En dépit de ses limites et de ses contradictions, l’économie sociale et solidaire démontre en actes qu’il y a de la place pour d’autres logiques économiques et sociales que la seule recherche du profit, explique l’auteur de ce papier. Elle peut se révéler innovante et réparatrice, réformiste et radicale. Elle constitue alors une utopie en marche, une utopie dont les fins sont dans les moyens qu’elle met en œuvre, dans les services qu’elle rend, et dans la manière de les rendre, ici et maintenant [...]. Les organisations de l’économie sociale et solidaire concourent à la démocratisation de l’économie par le seul fait de leur existence, qui introduit du pluralisme dans un monde dominé par les sociétés de capitaux. C’est pourquoi il faut les faire grandir, en multiplier le nombre. »


22 août 2011
Les Brèves du Ciriec France datées juillet-août 2011 reprennent, en Une, l’intervention prononcée par son président, Alain Arnaud, lors d’une conférence organisée le 23 juin à Paris, en l’honneur d’Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie. En voici un extrait : « En France, l’économie sociale est une tradition ancienne. Certains la considère comme une curiosité, mais elle est aujourd’hui présente dans de nombreux pays sous des formes diverses [...] entre le tout-Etat et le tout-marché. Son action, ses perspectives, sa contribution à l’utilité sociale et à l’intérêt général, alimentent les réflexions de nombreuses communautés d’universitaires et de militants, et elle est représentée concrètement dans l’économie par de grandes institutions coopératives, mutualistes, associatives et des fondations, qui s’efforcent de faire vivre sur le terrain l’idéal auquel elles croient. Les entreprises et les organisations de l’économie sociale appuient en effet leur action sur un socle de valeurs qui constitue leur carte d’identité et leur raison d’être : sociétés de personnes, elles sont avant tout dans une dimension humaine et non dans une dimension financière comme le sont les sociétés de capitaux, elles fonctionnent selon les principes de gouvernance démocratique, elles ont pour finalité la satisfaction des besoins de l’être humain, sur des fondements solidaires, en conjuguant l’intérêt individuel et l’intérêt collectif, mais aussi la responsabilité, celle de l’individu, vis-à-vis de lui même comme vis-à-vis de la société. »


13 juillet 2011
Dans le journal La Tribune du 28 juin, Etienne Caniard, président de la Mutualité française, réagit à la suppression par la commission des Affaires sociales du Sénat de l’article 22 de la proposition de loi Fourcade en cours de discussion au Parlement. Cet article visait à rétablir la possibilité pour les mutuelles de contractualiser directement avec les professionnels de santé. Depuis un an, contrairement aux compagnies d’assurances et aux institutions de prévoyance, elles ne sont plus libres de rembourser davantage leurs adhérents qui se font soigner au sein d’un réseau de santé agréé. Le retrait de cette possibilité et la suppression de l’article 22 viseraient notamment à éviter la discrimination entre les adhérents. « Il n’y a pas de rupture d’égalité en pratiquant des remboursements différenciés, explique Etienne Caniard. Nous remboursons mieux un adhérent qui va voir un professionnel conventionné ; ce n’est pas de la discrimination, c’est une incitation à fréquenter les professionnels qui se sont engagés par conviction à faire des efforts en termes de qualité et de tarifs. [...] La contractualisation est dans l’intérêt de chacun, les assurés sociaux comme les professionnels de santé ! Si l’on veut essayer de réguler les dépassements d’honoraires, le meilleur moyen est de contractualiser avec les professionnels de santé. [...] D’un côté, on demande aux mutuelles de participer davantage au financement des honoraires, et de l’autre, on leur interdit de contractualiser avec les professionnels de santé qu’elles contribuent à rémunérer. C’est une situation schizophrénique inacceptable ! »


7 juillet 2011
Dans La Tribune du 30 juin, Thierry Sibieude, professeur, directeur de l’Essec-IIES (Institut de l’innovation et de l’entrepreneuriat social de l’Essec), revient sur les enjeux et défis actuels de l’économie sociale : « L’économie sociale, au-delà du succès indiscutable des grandes mutuelles d’assurance, comme la Macif ou la Maif, ou de grandes banques coopératives comme le groupe BPCE ou le Crédit mutuel, doit, pour constituer une alternative forte et crédible au domaine dominant, franchir un palier en termes de performance et d’efficacité managériale, mais aussi sociétale. Comment y parvenir ? En s’appuyant sur ce qui fait sa force : la prise en compte de la dimension sociale à parité avec la dimension économique pour le développement de ses entreprises, et ce, quel que soit le statut juridique retenu par ses fondateurs puis dirigeants. Il ne s’agit donc pas de privilégier l’un par rapport à l’autre, mais bel et bien de concilier en permanence ces deux impératifs qui sont facilement contradictoires, mais qui peuvent, à condition de s’en donner le temps et la peine, devenir parfaitement complémentaires et produire des effets très positifs. Il faut reconnaître que, trop souvent, les acteurs de l’économie sociale ont eu tendance à justifier et, d’une certaine façon, à masquer une insuffisante efficacité managériale et même sociétale au nom de raisons dites sociales : la célèbre excuse, fréquemment invoquée : “Mais, nous, on fait de l’humain”, constitue un facteur limitant au développement de ce modèle alternatif. »


30 juin 2011
Le 24 juin dernier, La chaîne LCP a diffusé un documentaire de 52 minutes consacré à Jean-Marc Borello, délégué général du groupe SOS et président du Mouves. « C’est le portrait d’un personnage atypique et assez étonnant que les auteurs de ce documentaire ont porté à l’écran. Celui d’un éducateur pour jeunes en difficulté devenu entrepreneur social après avoir travaillé dans des cabinets ministériels et qui, toute sa vie, a cherché à mettre l’économie au service de l’homme. Jean-Marc Borello, colosse à l’accent chantant et au caractère bien trempé (...), (est aujourd’hui, ndlr) président du Groupe SOS, groupement d’associations d’entreprises comptant près de 4 000 salariés en France. Originaire de Gardanne (Bouches-du-Rhône), Borello n’a jamais arrêté son combat contre l’exclusion », écrivait le journal Le Monde dans son programme télé. A l’occasion d’un débat avec Jean-Marc Jancovici (auteur de Changer le monde chez Calmann-Levy) publié par La Tribune (24.06.2011), M. Borello déclarait notamment : « L’entrepreneuriat social a prouvé qu’il était possible de créer des modèles d’entreprises vertueux, qui créent de la richesse et du lien social tout en protégeant l’environnement, et ne se mesurent pas seulement en évolution du résultat net. Aujourd’hui, la folie, c’est d’imaginer pouvoir gérer les crises écologique, sociale et économique sans changer de système. L’utopie a changé de camp. »


23 juin 2011
Le journal Article 1, produit par l’Ecole coopérative des métiers de l’information (EMI) durant les Etats généraux de l’économie sociale et solidaire les 17, 18 et 19 juin au palais Brongniart, à Paris, publie quelques citations recueillies auprès des célèbres participants à ce grand événement.
Claude Alphandéry, président du Labo de l’économie sociale et solidaire : « Du président d’Attac au directeur de la Caisse des dépôts, ils dénoncent tous une finance devenue folle. Finance Watch met aujourd’hui d’accord des gens de sensibilités très différentes. D’ailleurs, la présence de huit représentants étrangers lors du lancement [des Etats généraux], vendredi soir, montre que l’autre économie se répand dans le monde entier. Partout une société solidaire est en train de se bâtir face à la société sécuritaire. »
Michel Onfray, philosophe : « Comment faire une pratique de gauche ? En inventant des petites sociétés. Voici ce que j’entends par principe de Gulliver : la multiplication des liens sociaux peut permettre d’immobiliser le géant Gulliver, représentant ici le capitalisme. La démocratie, c’est très bien, mais il faut des peuples éclairés. Nous avons inventé l’université populaire. »
Julien Adda, délégué générale de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB) : « La consommation et l’alimentation sont au cœur des activités des gens. Tout le monde a besoin de se nourrir. Mais il faut en finir avec l’hyper-consommation de certains, alors que d’autres meurent de faim à l’autre bout de la planète. Nous voulons mettre en avant la coopération plutôt que la compétition, en rendant les citoyens consommateurs acteurs majeurs de la production alimentaire. »


16 juin 2011
Les Brèves du Ciriec France du mois de juin publient une tribune de Denis Stokkink, président du think tank européen Pour la solidarité, dans laquelle il évoque l’opportunité offerte par la révolution verte aux emplois solidaires et durables : « Il y a un avant et un après Fukushima. Aujourd’hui, personne n’ose plus prétendre à une solution durable à l’épuisement des énergies fossiles par le nucléaire. Tout au plus l’atome pourra-t-il servir de palliatif très temporaire à un véritable recadrage de la politique énergétique européenne. Nous devons dès à présent nous atteler au développement des énergies renouvelables mais également, et même surtout, à la réduction de notre consommation énergétique. L’une des principales pistes de cette révolution verte passe par l’amélioration, la rénovation et l’isolation de nos foyers. Aussi, Pour la solidarité a voulu mettre l’accent sur ce défi énergétique qui nous accompagne, chacun et chacune, au quotidien dans un observatoire du logement durable, qui s’accompagne d’une newsletter à paraître prochainement, dont le thème phare touche au potentiel d’emploi du tournant vert du secteur de la construction. Parce que la transition durable de nos sociétés offre des opportunités d’emplois, et que nous souhaitons que ceux-ci soient également durables et solidaires, nous avons organisé deux événements à Namur sur les possibilités d’emploi verts pour les femmes et pour les personnes avec un handicap. Nous continuerons dans la même lancée, le 21 juin prochain, avec une conférence à Lille sur économie sociale d’insertion et les emplois verts. »


9 juin 2011
En cette semaine du microcrédit dans notre pays, différentes voix s’élèvent concernant cette pratique financière particulière. Ainsi, dans la Lettre d’Ilissos-La Liberté en action du mois de juin, Alain Magnier, directeur général et rédacteur en chef de la publication, évoque le temps des « micros » : « Les microcrédits sont des prises de risques que les financiers en place ne voulaient pas assumer. Il est vrai que leur capacité discutable d’appréciation du risque a été démontrée par une crise financière mondiale. Pendant ce temps, les microcrédits se sont installés et ont conquis de nombreux territoires tout en révélant leur faiblesse congénitale, la tendance à servir de support aux usuriers. Pour les micro-entreprises, ou auto-entrepreneurs, dont le statut a été lancé en 2009, après le boom suscité par l’enthousiasme de la nouveauté, on assiste en ce début de 2011 à un désenchantement terrible. Non seulement le nombre de créations est en chute libre (– 5 000 en avril par rapport à mars et – 12 000 par rapport à l’année 2010), mais il semble que la survie des premières créations est nettement plus faible que celle des entreprises classiques [...]. Finalement, le monde de Gulliver est homogène, les micro-mesures débouchent  sur des micro-solutions et des micro-emplois. Au moins permettent-elles des micro-rêves avant de passer aux nanosolutions, peut-être... »


1er juin 2011
Dans les Brèves du Ciriec France du mois de juin, Philippe Bance (université de Rouen, commission scientifique économie publique du Ciriec) donne son point de vue sur le retour de la croissance : « La nouvelle de ce printemps ne serait-elle pas la reprise de la croissance, tant attendue, tant pronostiquée et aujourd’hui annoncée ? […] Mais d’où part-on et où va-t-on pour “gouverner” le capitalisme mondialisé ? Face à l’interaction complexe d’intérêts généraux locaux, nationaux, régionaux, mondiaux, n’a-t-on pas, en s’en remettant au tout puissant marché, que trop poussé aux égoïsmes locaux et nationaux, négligé l’utilité économique et sociale des solidarités ? Est-on aujourd’hui capable, face à la mondialisation d’aller vers un nouveau paradigme de régulation macroplanétaire ou mésoplanétaire, autour des institutions internationales ou régionales ? Où est l’Etat mondial qui incarnerait un intérêt général planétaire en promouvant un développement durable aux plans économique, social et environnemental ? Certainement pas près d’être né, devancé dans la mondialisation par le marché et plombé par les comportements nationaux ou régionaux hégémoniques et non coopératifs. Ne faut-il pas dès lors de la gouvernance, et plus encore du gouvernement, dans les unions économiques intégrées, donc en particulier en Europe ? Mais où en sont les solidarités et les coopérations après que les Européens aient montré sous l’influence allemande si peu d’empressement pour éviter la banqueroute de l’Etat grec et tant d’exigences auprès de sa population… au point de susciter dégradation du rating des agences de notation, difficultés supplémentaires de remboursement, perte de confiance des marchés… et inquiétudes sur la résurgence d’un risque systémique ? Alors de l’audace, encore de l’audace et toujours de l’audace… et certainement pas pour se mobiliser contre l’ennemi de l’étranger, mais pour créer de la solidarité et de la coopération renforcée. »


26 mai 2011
Dans son numéro d’avril, la Revue des études coopératives, mutualistes et associatives (Recma) propose un article consacré à la survie des coopératives agricoles françaises. Les auteurs, Myriam Carrère, ingénieur d’études à l’Institut national de la recherche agronomique, Iragaël Joly, maître de conférences à l’Institut national polytechnique, et Damien Rousselière, maître de conférences à l’Institut national d’horticulture et de paysage, écrivent notamment : « La coopérative apparaît comme étant une forme bien adaptée aux transformations actuelles de l’agriculture. Son adaptabilité en raison même de son mode de distribution des pouvoirs la rend plus résistante à une évolution de son environnement. On constate ainsi que l’essentiel de la mortalité des coopératives se déroule les premières années, suggérant donc qu’après une première adaptation une coopérative a tendance à fortement s’ancrer dans son territoire et son secteur. La différence de mortalité soulignée suivant les territoires doit être précisée. On voit alors toute la nécessité pour les fédérations et les organismes de soutien d’intervenir dans les premières années, non seulement en amont, mais également en accompagnement post-création, pour consolider les expériences coopératives. »


 

20 mai 2011
Avec leur ouvrage Entrepreneuriat social, paru en avril, Amandine Barthélémy et Romain Slitine réalisent la première synthèse française sur le sujet. Une initiative saluée dans la préface par Gérard Andreck, président de la Macif et du Ceges, et par Jean-Marc Borello, délégué général du groupe SOS et président du Mouves : « La démarche d’Amandine Barthélémy et de Romain Slitine nous apparaît comme une belle promesse de la mobilisation des jeunes générations pour faire rayonner ce mode d’entreprendre. Formés à l’entrepreneuriat social, investis sur le terrain dans des projets mutualistes et coopératifs, puis, plus largement, au service du développement des initiatives sociales, leur implication met en lumière un engagement vivifiant. Ce livre constitue le fruit d’un travail en commun, illustration naturelle de l’intelligence collective et de la coopération chères à notre conception de l’action. » Plus loin, dans le premier chapitre, les deux jeunes auteurs inscrivent l’entrepreneuriat social dans une réalité plus ancienne, celle de l’économie sociale : « C’est fortement influencé par la tradition historique de l’économie sociale qu’apparaît le concept d’entrepreneuriat social en Europe. Certains chercheurs comme Jean-Louis Laville et Marthe Nyssen suggèrent que les entreprises sociales représentent une nouvelle dynamique de l’économie sociale. Le mouvement de l’entrepreneuriat social en France et en Europe s’inscrit pleinement dans cette tradition de l’économie sociale dont il partage les fondamentaux d’engagement tout en s’appuyant sur des outils économiques et juridiques élargis. »


12 mai 2011
Dans le numéro d’avril de sa publication, le président de CoopFR, Jean-Claude Detilleux, rappelle l’enjeu des échéances électorales pour l’économie sociale : « Nous allons entrer en France en période électorale, moment privilégié pour interpeller les partis et leurs candidats sur leur politique et leur projet en faveur des coopératives et de l’économie sociale. A nous aussi d’alimenter leurs travaux avec nos propositions et de nous assurer que leurs programmes accordent toute la place qu’elles méritent à nos entreprises. » Ce même numéro reprend aussi une citation du commissaire européen chargé du Marché intérieur et des Services, Michel Barnier, qui insiste sur son investissement en matière d’ESS : « Je suis également très engagé dans l’économie sociale et je songe à plusieurs améliorations possibles : statut européen des fondations, label d’économie solidaire, création de fonds d’investissement solidaire… C’est un chantier qui m’intéresse beaucoup. » Et le commissaire de rappeler qu’il fait « aussi des propositions sur l’économie sociale, sur ces entreprises rentables et qui, en même temps, ont une dimension d’inclusion sociale ».


5 mai 2011
Dans Le Figaro du 6 avril, Arnaud Ventura, cofondateur et vice-président du groupe Planet finance, s’exprime sur le discrédit actuellement rencontré à travers le monde par la microfinance, sur le limogeage récent  du professeur Muhammad Yunus, pionnier du microcrédit, de ses fonctions de directeur de la Grameen Bank et sur la vague de suicides indiens liés au surendettement : « La violence des réactions (contre le microcrédit, NDLR) est à la hauteur des espoirs déçus. La microfinance a été portée aux nues pendant dix ans, présentée comme une recette miracle. C’était excessif et forcément incomplet. La microfinance ne représente qu’un portefeuille de 65 milliards de dollars, contre 100 milliards d’aide au développement. Par ailleurs, il y a, comme dans toutes les industries, des échecs et parfois des abus. (…) Les autorités du Bangladesh voient Yunus comme une menace politique depuis plusieurs années déjà. Elles ont profité de la campagne de dénigrement du microcrédit pour l’évincer de sa banque. J’ai été surpris de la brutalité de la manœuvre. A ce stade, il faudrait une pression internationale très forte pour que le Bangladesh revienne sur sa décision. (…) Dans les campagnes indiennes, il y a malheureusement 15 000 suicides par an depuis des années ! Les suicides en Inde existaient bien avant la microfinance. Moins de 2 % des personnes qui se suicident le font pour des problèmes de surendettement. L’Inde est un très grand pays. Les problèmes existent principalement dans l’Andra Pradesh. »


21 avril 2011
Dans les Brèves d’avril du Ciriec France, Jean-Paul Biolluz, cofondateur et responsable de la coopérative Aria-Nord, nous explique pourquoi l’économie sociale n’est pas une économie de la pauvreté, mais bien une économie de la solidarité : « Il est vrai qu’historiquement, l’économie sociale s’est fondée pour répondre à des besoins vitaux que l’économie capitaliste ne satisfaisait pas. Ce fut, et reste, par exemple, le rôle des mutuelles santé nées pour combattre l’indigence et la misère dans laquelle étaient laissés les ouvriers et leurs familles lors de la révolution industrielle. Ce fut aussi le rôle des coopératives de consommateurs ou de logement, mais aussi des coopératives d’artisans, de commerçants, de marins pêcheurs, confrontés à de graves difficultés et qui trouvèrent une issue dans la coopération. Mais déjà, là, nous étions dans une autre perspective. L’union et la coopération sont ici censées conforter l’activité d’un secteur économique et accroître la richesse de ses membres. Nous ne sommes pas dans l’économie de la pauvreté, même si nous sommes dans celle de la solidarité. La forte mobilisation observée ces vingt dernières années autour de l’économie solidaire pour prendre en charge la montée de la pauvreté [...] obéit aux mêmes principes. Il s’agit bien de construire une alternative sur la solidarité. »


 

14 avril 2011
Dans un article publié dans le Folio n° 57 (mars 2011) de l’Institut de la protection sociale européenne (Ipse), Denis Stokkink, économiste et président du think tank européen Pour la solidarité, revient sur les enjeux communs du care et de l’économie sociale : « Des similitudes flagrantes existent entre les valeurs de l’économie sociale et celles du care, telles qu’une volonté de transformation sociale, l’importance accordée à la solidarité et à la cohésion sociale, ainsi que la subordination de l’économie au service de l’humain. Le groupe care/ESS peut créer des synergies intéressantes tant d’un point de vue économique qu’en termes de valeur ajoutée pour la société. [...] Au-delà des débouchés économiques, il ne faut pas négliger les aspects éthiques et sociaux inhérents à la problématique : et c’est bien là la valeur ajoutée de l’économie sociale qui fait de la relation à autrui le cœur même de l’activité professionnelle (relations d’aide et d’accompagnement, services à la personne, prévoyance…). »


7 avril 2011
Dans le numéro d’avril des Brèves du Ciriec France (ONG œuvrant pour la promotion de l’économie publique, sociale et coopérative), son président, Alain Arnaud, également président de la Mutualité Fonction publique, s’interroge sur le devenir de notre société : « Curieuse époque que celle que nous vivons. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la notion d’intérêt général [...] est sérieusement mise à mal. [...] Tout d’abord par la pensée dominante sur laquelle s’appuient les politiques gouvernementales pour transformer le “service public” en “service au public”, géré de préférence par des entreprises privées, jugées plus efficientes que nos administrations et collectivités. Elle est mise à mal par l’abandon progressif des systèmes de solidarité, au profit de systèmes individuels basés sur la trilogie marché, concurrence, consumérisme. Elle est mise à mal par les pratiques et les comportements [...] du responsable politique qui considère normal d’être à la fois ministre du Budget et trésorier d’un parti politique, ou qui ne se considère plus comme ministre des Affaires étrangères lorsque, invité par l’ami d’un dictateur, il est en vacances dans un pays en révolution [...]. Comment, dès lors, ne pas comprendre, sans pour autant les admettre, toutes ces incivilités, de plus en plus violentes, qui prennent le pas dans notre vie en société ? »


31 mars 2011
« La vitrine de la presse mutualiste constitue un enjeu primordial », a déclaré Etienne Caniard, président de la Mutualité française, lors de l’assemblée générale de l’Association nationale de la presse mutualiste (ANPM) qui s’est tenue le 24 mars dernier à Paris. Cette réunion a permis aux représentants de la presse mutualiste d’affirmer leur volonté de relayer les grands chantiers de la Mutualité – et notamment celui de la dépendance – auprès des mutualistes. Un magazine mutualiste « ne doit pas être un outil marketing, mais un journal pour maintenir le lien avec l’adhérent », a notamment expliqué Roland Berthilier, secrétaire général de la MGEN et directeur de la publication Valeurs mutualistes, cité par la lettre de l’Agence fédérale d’information mutualiste (Afim) datée du 28 mars. « Certaines mutuelles ont choisi de mettre fin à leur revue pour financer des campagnes de communication, a de son côté déploré le président de l’ANPM, Alain Rey. C’est un non-sens ! De telles réactions concourent à la banalisation de la Mutualité. »


 

24 mars 2011
Dans une interview accordée au site Nord-Social Info et mise en ligne le 19 mars, Jean Sammut, président du colloque des Ires Rencontres des innovations solidaires, revient sur les objectifs de cette grande manifestation qui a eu lieu les 15 et 16 mars au Cnit de La Défense : « L’idée essentielle est de créer un espace de rencontres qui soit à la fois un lieu intellectuel et un lieu professionnel. […] Coopératives, mutuelles, associations, fondations, institutions de l’économie sociale, chambres de l’économie sociale et solidaire, nous sommes tous porteurs de dizaines d’expérimentations [...]. Aujourd’hui, nous sommes porteurs d’un projet politique qui s’exprime sous de nouvelles formes. Il ne s’agit pas de créer un parti, mais nous sommes porteurs d’un projet qui correspond à la période et aux besoins de la population. »


17 mars 2011
Les Brèves du Ciriec de mars 2011 publient la contribution de Jacques Fournier, ancien président de la SNCF et président d’honneur du Ciriec, aux Etats généraux du service public qui se sont tenus en janvier à Orly. Le président revient sur le rôle des opérateurs privés en matière de service public : « La gestion publique n’est pas toujours obligatoire, note-t-il. Des services publics comme l’éducation ou la santé ont toujours fait appel à des opérateurs privés. Les opérateurs de l’économie sociale sont très présents dans les domaines de l’emploi, de l’action sociale, de la protection sociale. Les organisations syndicales elles-mêmes en font souvent partie. Pose problème évidemment l’intervention des opérateurs privés capitalistes. Mais ils ont toujours été fournisseurs du service public. Ils peuvent, dans des conditions clairement définies, être délégataires de sa mise en œuvre. »


 

10 mars 2011
Dans un entretien accordé à La Voix du mouvement associatif (Conférence permanente des coordinations associatives, CPCA) et paru début février, Claude Alphandéry, président du Laboratoire de l’économie sociale et solidaire, dénonce les méfaits du pouvoir de l’argent : « Le pouvoir de l’argent a stérilisé, anesthésié une partie de la population en répandant une idéologie individualiste et consumériste. La classe politique qui en est le reflet a le sentiment que les gens demandent plus de biens matériels, passant à côté du besoin de confiance, de cohésion sociale, de liberté, de responsabilité, du sentiment d’être inscrit dans un pacte social. Les événements récents en Tunisie nous montrent que ce scepticisme de la classe politique peut conduire les gens à se mobiliser ! », explique-t-il.


 

3 mars 2011
Après la dépendance et la biodiversité, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) va plancher sur « l’avenir de la protection sociale et notamment la répartition entre solidarité nationale et protection complémentaire » (mutuelles et assurances) , a indiqué, François Fillon le 27 février 2011 lors d’une intervention au Palais d’Iéna.
Le Premier ministre a annoncé une autre saisine du CESE sur « la compétitivité économique de la France et son éventuel décalage par rapport à ses partenaires, notamment l’Allemagne » ainsi qu’une troisième saisine sur « la mobilité des jeunes ».


24 février 2011
A l’occasion de sa prestation dans l’émission Paroles de Français diffusée sur TF1 le 10 février dernier, Nicolas Sarkozy a évoqué, pour la première fois, l’idée d’un « panier de ressources de financement » pour améliorer la prise en charge des personnes dépendantes. Le président de la République n’a cependant pas précisé quels seraient ces nouveaux financements : « Est-ce que c’est l’assurance ? Est-ce que c’est la reprise sur succession pour les familles qui ne s’occupent pas de leurs personnes âgées ? Est-ce que ce sera un jour férié en moins, ou une augmentation de la CSG, ou d’autres solutions ? Nous en reparlerons. Je ne ferme aucune piste », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Nous déciderons cet été de la création d’une cinquième protection aux côtés de la maladie, de la retraite, de la famille, des accidents du travail, qui sont les branches traditionnelles de la Sécurité sociale. »


17 février 2011
La nouvelle mission d’information sénatoriale sur le cinquième risque, présidée par Philippe Marini, vient de présenter son rapport. La Lettre n° 1411 donnera plus d’éléments sur les grandes orientations de ce document. D’ores et déjà, on retiendra le maintien du Gir 4 dans le dispositif de l’APA et, concernant le recours sur succession, la possibilité pour les patrimoines les plus élevés de choisir entre une APA à 50 % et une prise de gage d’un montant maximum de 20 000 euros sur le patrimoine, avec une franchise fixée entre 150 000 et 200 000 euros. Par ailleurs, la mission se prononce contre le principe d’une obligation d’assurance et pour la promotion de contrats complémentaires d’assurance dépendance.


3 février 2011
Dans les numéros 1408 et 1409 de La Lettre de l’économie sociale, à la rubrique « On en parle », il sera question des « Finalité(s) et performance(s) des entreprises de l’ESS » vues et analysées par Michel Capron, professeur émérite en sciences de gestion, lors de sa contribution à un colloque organisé à Lyon en novembre 2010. Questions et réflexions toujours de grande actualité.


27 janvier 2011
Dans une toute prochaine Lettre de l’économie sociale, à la rubrique « On en parle », il sera question des « finalité(s) et performance(s) des entreprises de l’ESS » vues et analysées par Michel Capron, professeur émérite en sciences de gestion, lors de sa contribution à un colloque organisé à Lyon en novembre 2010. Questions et réflexions toujours de grande actualité.


20 janvier 2011
Au moment où les premières émeutes de la révolution du Jasmin éclataient en Tunisie, quelques responsables français échangeaient avec leurs homologues tunisiens dans le cadre d’un colloque organisé par l’Union générale du travail tunisienne, et leurs échanges donnaient lieu à un texte officiel : la déclaration de Matmata. Cette résolution plaide pour le développement des secteurs coopératif, mutualiste et associatif dans ce pays. A lire dans la rubrique « Europe et ailleurs » de La Lettre n° 1404, où il est par ailleurs question de l’histoire et de la pertinence de la tontine, principe d’organisation solidaire que l’on retrouve partout dans le monde.


13 janvier 2011
La Lettre de l’économie sociale se réjouit de la création de l’Esper (Economie sociale partenaire de l’école de la République), structure créée le 8 décembre dernier par les organisations membres du Ccomcen qui, lui, est dissous. Il fallait en effet recréer une dynamique autour d’objectifs actualisés. Le travail ne manque pas : affirmer davantage la laïcité, faire vivre la coordination des structures adhérentes, se mobiliser sur le chantier de l’enseignement de l’économie sociale ouvert par le groupe de travail ad hoc de la Diieses, présidé par Danièle Demoustier, et bien d’autres enjeux fondamentaux pour l’économie sociale, l’éducation et la république.


7 janvier 2011
La Une du numéro 1403 de La Lettre espère ouvrir le débat par une nouvelle rubrique : « Les partis politiques s’intéressent à l’économie sociale ». Dans ce numéro figure le point de vue du Parti socialiste, en attendant celui des autres partis politiques, bien évidemment. Au-delà des points de vue, nous souhaitons connaître les engagements et les propositions des uns et des autres pour une véritable politique publique de l’économie sociale et solidaire dans notre pays, avec les moyens nécessaires pour la mener.
Toujours dans le même numéro, il est question du rapport Hubert sur la médecine de proximité et de son appréciation par la Mutualité française.


 

 

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