Rendez-vous d'informations mutualistes, coopératives et associatives    

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20-21 octobre 2016- Strasbourg
36e congrès des Scop et SCIC
« Ce congrès est un temps rare et précieux pour rencontrer des coopérateurs et coopératrices de toutes régions, partager ses idées et favoriser l’intercoopération au-delà de son métier. Place à l’audace ! ». Tous les quatre ans, le mouvement des Scop et SCIC démontre le bienfait de ses démarches via un congrès national...
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24 octobre 2016- Paris
5e Rencontre nationale des collectivités locales autour de l’ES
Ce temps fort annuel du Réseau des collectivités territoriales pour une économie solidaire (RTES) est inscrit « dans la déclaration commune des réseaux de collectivités, “L’ESS, un modèle économique à part entière...
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2-4 novembre 2016 - Marseille
Semaine économique de la Méditerranée
L’ESS passe par le numérique et la première semaine de novembre sera importante dans le sud de la France, avec le thème, Le numérique...
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DES IDÉES ET DES MOTS

 

21 décembre 2012
Intéressante question que l’on a pu lire cette semaine, au détour de quelques clics, sur le site Internet de L’Express, le 5 décembre 2012 : à l’occasion d’un sondage réalisé par l’Association pour l'emploi des cadres (Apec), le magazine s’interroge « L'économie sociale et solidaire rend-elle les salariés plus heureux ? » « Sept cadres de l'ESS sur dix se disent satisfaits de leur situation professionnelle, un taux supérieur aux cadres du secteur privé, selon la première étude “Les cadres de l'économie sociale et solidaire”, de l'Association pour l'emploi des cadres », répond l’article. Avant de compléter : « Plus de 80 % des cadres de l'économie solidaire seraient comblés quant à l'intérêt de leur poste, soit six points de plus que dans le privé "classique". Conditions matérielles de travail, équilibre vie privée et professionnelle, climat dans l'entreprise, niveau de rémunération : pour tous ces aspects de la vie professionnelle, les cadres de l'ESS se déclarent plus heureux que leurs homologues du privé. »
L’article de Lexpress.fr redirige les lecteurs vers un autre article « Qui sont les cadres de l'économie sociale et solidaire ? », une véritable tentative de dresser la physionomie type d’un cadre dans le secteur de l’économie sociale et solidaire aujourd’hui.

13 décembre 2012
Il faut renforcer le pacte de compétitivité par l’économie sociale et solidaire. C’est en tout cas le point de vue de Claude Alphandéry, président du Labo de l’ESS, de François Chérèque, ancien secrétaire général de la CFDT qui a rejoint le laboratoire d’idées Terra Nova, et d’Edmond Maire, administrateur de France active. Tous les trois ont signé le 7 décembre dernier une tribune dans la rubrique « Idées » du quotidien Le Monde, dans laquelle ils proposent de lier reprise de la croissance et sociale et solidarité. « Le coût du travail n’est que l’une des nombreuses causes du déclin industriel de la France (pression excessive du capital financier, manque de coopération, manque de considération pour les salariés, les usagers, les fournisseurs, excès de charges intermédiaires…), constatent-t-ils en premier lieu. Le "pacte de compétitivité" est donc incontournable, il n’a que trop tardé, mais tel qu’il est, il ne suffit pas à lui-même : la compétitivité crée certes de nouvelles activités, de nouveaux métiers, de nouveaux postes d’emploi, mais elle en supprime beaucoup d’autres au nom de l’efficacité. » Ils proposent également des pistes afin de renforcer ce pacte et d’améliorer son efficacité, tant sur le plan économique que social : « Il y a […] de grands progrès à réaliser dans la formation, l'accompagnement social et professionnel, les relations du travail, qui peuvent donner aux salariés, mais aussi à ceux qui n'ont pas accès à l'emploi, une plus grande capacité d'adaptation aux mutations économiques, renforçant à la fois la sécurité de l'emploi et les moyens de production et rendant possible la réduction du chômage. Un accord entre les organisations syndicales et patronales doit donc absolument accompagner le “pacte de compétitivité”. »

6 décembre 2012
La Lettre prêtera attention, cette semaine, à une interview de Nicolas Duvaux, sociologue et maître de conférences à l’université Paris-Descartes, accordée au magazine Alternatives économiques de décembre 2012. L’auteur du Nouvel âge de la solidarité : pauvreté, précarité et politiques publiques (Le Seuil-La république des idées, 2012) explique que les politiques sociales, en France, sont trop segmentées et par conséquent inadaptées pour lutter contre la pauvreté. Selon lui, il faut les rendre plus universelles : « Le problème des politiques de lutte contre la pauvreté, c’est qu’elles consistent à traiter un phénomène déjà advenu en ne s’adressant qu’à ceux qui sont tombés dans la pauvreté. C’est ce que l’on a appelé “le paradoxe de la redistribution” : plus celle-ci est ciblée sur la pauvreté et moins elle a de chance d’atteindre son objectif, car elle ne touche nullement ceux qui pourraient demain connaître le même sort », observe le chercheur. Il ébauche même quelques idées de solutions pour endiguer ce problème : « Les étapes immédiates consistent à universaliser les droits de la protection sociale pour attacher ces droits à la personne et non plus au statut d’emploi. […] Il s’agit aussi de revaloriser les minima sociaux dont les montants atteignent à peine 50 % du seuil de pauvreté et qui ne permettent pas une vie digne à ceux qui doivent y recourir. De fait, les minima sociaux français sont parmi les plus bas d’Europe. »

30 novembre 2012
L’économie sociale et solidaire n’intéresse plus uniquement la presse écrite traditionnelle.
Pour une fois, pas d’extrait d’article, mais une vidéo disponible sur Internet à consulter
à cette adresse : Wat.tv/video/economie-sociale-solidaire-5d9nb_2i0u7_.html. Il s’agit d’un reportage du journal télévisé de 20 heures de TF1, diffusé le 28 novembre 2012 et consacré à l’économie sociale et solidaire. Le présentateur, Gilles Bouleau, parle « d’un secteur en plein essor » qui peut permettre
à la France de sortir de la crise. La journaliste, elle, est allée à la rencontre de Christophe Chevalier, directeur du groupe Archer – un fabricant de chaussures à l’initiative sociale et solidaire –,
et de l’association Jardin de Cocagne de Chalezeule. Au cours de son long reportage (4 min 30,
quand la moyenne est de 1 min 30), elle évoque les valeurs, mais aussi les chiffres de l’ESS :
2,35 millions de salariés, 10 % de l’emploi en France et 215 000 entreprises. De quoi attirer l’attention d’un plus large public sur les particularités de ce secteur.

23 novembre 2012
VousNousIls.fr, le site Internet spécialisé dans l’éducation, nous apprenait, jeudi 22 octobre,
que le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, et le ministre délégué à l’Economie sociale
et solidaire, Benoît Hamon, avaient annoncé que « l'économie sociale et solidaire pourrait bientôt
être enseignée dans les écoles, collèges et lycées »
. Une déclaration faite à l’occasion du Salon
de l’éducation, qui se tient à Paris, porte de Versailles, du 22 au 25 novembre.
« [Vincent Peillon] a souligné que l'ESS avait toute sa place dans les enseignements, de la maternelle à l'université, et a souhaité que soit rapidement mis en place l'accord destiné à resserrer les liens entre étudiants et entreprises du secteur de l'ESS. Ces dernières doivent en effet renouveler dans
les huit à dix prochaines années près de 600 000 emplois »
, révélait le site. Le ministre de l’Education nationale s’est dit « ravi […] de pouvoir annoncer après tant d'années que l'économie sociale
et solidaire et les valeurs humanistes qui sont les siennes
[…] sont totalement présentes dans la vie
de l'école ».

15 novembre 2012
Actuellement, en France, l’illettrisme est un handicap plus important qu’on ne l’imagine : il concerne 3 millions de Français. Afin de sensibiliser les décideurs à ce problème majeur, Philippe Marchal, président du Syndicat de la presse sociale (SPS), a publié un « Rebond » dans le quotidien Libération, le 14 novembre 2012. Il veut frapper les esprits, en expliquant à tous que « le choc de compétitivité passe aussi par là ». « Les vingt-deux mesures du rapport Gallois prendront leur sens quand on se donnera vraiment les moyens de réinsérer dans notre dispositif social, culturel et économique les 3 millions de Français qui en sont exclus, affirme-t-il. Des moyens, ici et là, ont été mis en œuvre. Il en faudrait dix fois plus. Les bonnes volontés individuelles, le bénévolat, les initiatives municipales ne suffisent pas. Seule une politique déterminée, au niveau de l’Etat et de la nation, peut venir à bout de ce fléau. Si les pouvoirs publics se mobilisent, si l’opinion bouge, 3 millions de nos concitoyens peuvent retrouver le chemin du savoir lire, écrire, compter. Pour commencer, conclut-il, déclarons l’illettrisme grande cause nationale 2013. »

8 novembre 2012
Le quotidien Libération consacrait, lundi 5 novembre, un article à l’ESS, intitulé « L’économie sociale et solidaire défriche de nouveaux domaines d’activité ». L’occasion d’attirer l’attention sur des entreprises qui font leur bout de chemin « sans tapage », que ce soit « dans la pub, la com, la culture ou l’alimentation ». Le journaliste a laissé la parole aux nouveaux venus, comme Servan Ndjantcha, directeur commercial d’Omnicité, une entreprise de communication et de pub : « Au début, ça me faisait peur. Je ne connaissais pas du tout l’ESS et je me suis dit : “Comment vais-je manager des personnes qui ne sont pas des employés ?” Mais je me suis rendu compte que, quand les gens entrent dans une CAE (coopérative d’activités et d’emploi, NDRL), ils sont dans une optique de partage, de travail d’équipe. » Une crainte légitime, rapidement surmontée, d’autant qu’après quelques mois de travail il a constaté que ça fonctionnait : « C’est une solution d’avenir pour les jeunes talents, face à un monde de l’entreprise qui ne répond plus à nos aspirations », estime-t-il désormais.

2 novembre 2012
La Banque publique d’investissement (BPI) n’est pas encore née qu’elle fait déjà couler beaucoup d’encre. A commencer par cet éditorial de François Vidal, dans Les Echos du 18 octobre 2012, intitulé « Les trois péchés de la BPI ». Le journaliste y explique pourquoi, selon lui, la BPI, comme beaucoup d’autres infrastructures avant elle, était une bonne idée sur le papier, mais que sa réalisation sera toute différente, et ce par la faute de ceux qui en sont à l’origine. « Obsédés par l’équilibre des pouvoirs entre la Caisse des dépôts, l’Etat et les élus locaux, les promoteurs du projet ont en effet privilégié une vision politique du dossier, là où aurait dû prévaloir des choix techniques. » Pour l’éditorialiste, ces choix ont pour conséquence d’avoir doté la BPI de trois péchés intrinsèquement liés. « D’abord, au lieu de se borner à améliorer le fonctionnement des dispositifs publics existants (Oséo, FSI, CDC entreprises, FSI régions…), on a opté pour une réorganisation complète, plus payante politiquement qu’un simple lifting. Conséquence : on est en train de créer une usine à gaz, là où quelques tuyaux supplémentaires auraient sans doute suffi », affirme-t-il. Le deuxième péché de la BPI concerne son organisation et notamment sa direction : personne ne sait qui est véritablement le chef. Pour le journaliste, cela ressemble à « confier un carnet de chèques doté de 42 milliards d’euros à des élus locaux », ce qui n’est pas « forcément une bonne idée en temps de crise où les fermetures de site se multiplient ». Le dernier péché porte sur les futures actions de la BPI mélangeant activité de crédit et d’apports de fonds. « Un mélange des genres qui peut prêter à confusion », estime François Vidal.

25 octobre 2012
Un article publié dans Les Echos, jeudi 18 octobre, et consacré à la nomination de Nicolas Dufourcq (numéro deux de Capgemini) comme directeur général de la future Banque publique d’investissement (BPI) rapporte des précisions, données par Pierre Moscovici, quant à la véritable capacité d’action de cette banque. « Elle disposera d’une capacité de 20 milliards d’euros en prêts, 12 milliards de capacité en garanties et 10 milliards d’euros de capacité d’investissement en fonds propres sur le quinquennat », a commenté le ministre de l’Economie, avant d’ajouter : « L’orientation de cette force de frappe sera largement décentralisée. La BPI ne sera pas un machin parisien, mais le fruit d’un partenariat étroit avec les régions : 90 % des décisions de la BPI seront prises en région. »

19 octobre 2012
C’est une lettre ouverte doublement adressée au ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici, et au ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, que le mensuel Alternatives Economiques a publié dans son numéro de septembre. L’auteure, Ann Merkelbag-Nguyen, enseignante, y évoque comment la création du statut d’auto-entrepreneur à destination des professeurs pour des écoles a mené à son licenciement : « Il y a trois ans, le statut d’auto-entrepreneur a été créé. Il a donné des idées à la direction de l’école qui a engagé, à côté des professeurs salariés, des professeurs auto-entrepreneurs, avec le même lien hiérarchique et les mêmes obligations. Une opportunité pour ne plus devoir payer les charges patronales. Les salariés sont devenus des boulets financiers. Cet été, l’école a fermé ses portes, pour cause de liquidation. Et j’ai été licenciée, pour raison économique. » Pour elle, « le statut d’auto-entrepreneur est ici détourné de sa fonction première ». Car si elle n’a plus son travail, il continue d’y avoir des rentrées. Et une autre école a décidé d’utiliser le même silence. Elle tire la sonnette d’alarme : « Avec 90 % d’auto-entrepreneurs, des professeurs précarisés, des faux salariés, sans protection..., mon poste existe toujours, mais le statut de celui qui l’occupe a changé. » Ce témoignage, au delà du côté poignant, appelle à réfléchir sur l’utilisation qui est faite des outils développés à l’origine pour aider, dont la vocation première est sociale et dont la nature est la solidarité.

11 octobre 2012
Dans son édition du 10 septembre, le quotidien La Croix consacrait un article à une initiative de la région Aquitaine concernant ses lycées. Celle-ci souhaite amener les établissements sous sa responsabilité à choisir des produits écologiques et durables pour les achats de matériel, ou encore la cantine scolaire, sans pour autant que la facture augmente. Il semblerait même que cela la diminue parfois, comme le constate Marcel Khai, directeur adjoint à l’éducation au conseil régional : « En fédérant trente lycées, nous avons obtenu des plateaux-repas pour les selfs à un prix inférieur de 30 %, avec en prime le recyclage en fin de vie. » Il faut dire que l’enjeu est important, précise l’article, car « l’impact environnemental de ces 153 lycées est loin d’être négligeable. Par exemple, chaque année, 17 millions de repas y sont servis, ce qui représente une dépense de 37 millions d’euros et une pollution équivalente à 57 000 tonnes de CO2 ». Les économies faites permettraient également de financer d’autres projets, souligne Thierry Cagnon, directeur de l’éducation à la région Aquitaine : « Cet argent peut être réinjecté pour accroître les moyens pédagogiques, notamment afin d’avoir plus d’ordinateurs. »

4 octobre 2012
Guillaume Jourdain, gérant d’Enercoop Nord-Pas-de-Calais – une coopérative spécialisée dans l’énergie –, évoquait dans le journal La Croix l’importance de l’épargne de proximité pour les coopératives notamment : « Depuis fin 2011, les particuliers peuvent nous acheter des parts sociales, soit directement, soit au travers d’un “Cigales” [club d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire, NDLR]. Grâce à eux, nous avons réussi à doubler notre capital à 65 000 euros. Demain, nous aurons besoin de cette épargne pour construire des éoliennes et des centrales hydro-électriques. » Et les exemples abondant dans ce sens ne manquent pas. A l’image de ce que décrit Robert Nicaise, PDG de la coopérative Ceralep : « Pour redémarrer, en 2004, nous avions besoin d’un capital de 100 000 euros, mais nous n’avions pu en constituer que la moitié avec nos économies. Nous avons alors fabriqué des panneaux devant l’usine, pour expliquer notre situation. En dix jours, 802 donateurs ont complété notre tour de table. »

27 septembre 2012
La future Banque publique d’investissement (BPI) n’est pas faite pour rassurer tout le monde : le Syndicat national de la banque et du crédit (SNB) relate ses craintes dans Les Echos du 18 septembre 2012 – des craintes que « nombre d’observateurs avertis partagent secrètement », selon le journaliste. « Le SNB-CFE-CGC s’inquiète de l’extrême précipitation avec laquelle le projet semble vouloir être mené. […] La création de la BPI ne peut en aucun cas se résumer à simplement agglomérer des compétences existantes, reconnues et qui fonctionnent bien », s’alarme le syndicat. Pour lui, une telle précipitation « risque d’aboutir à une nouvelle structure qui ne fonctionnera pas avec toute l’efficacité indispensable ».

20 septembre 2012
Dans le hors-série du mensuel Alternatives économiques intitulé Les placements solidaires (poche n° 55 bis, daté du mois de juin), Michel Barnier, commissaire européen chargé du Marché intérieur et des Services, s’exprimait sur la question des fonds existants en Europe pour aider au développement de l’entrepreneuriat social. Lorsque le journaliste lui explique que « les entreprises sociales ne sont pas toutes demandeuses de fortes capitalisations […] », voici ce qu’il répond : « C’est vrai que les entreprises sociales sont principalement des petites et moyennes entreprises [PME]. Et je pense que la croissance dont les Européens ont besoin viendra des territoires et des PME. Une autre de mes convictions est qu’il n’y aura pas de retour à la croissance en Europe s’il n’y a pas de cohésion sociale, dont l’entrepreneuriat social et l’économie sociale et solidaire sont une clé. » Il ébauche ensuite quelques pistes de financement : « Pour accompagner leur développement, il y aura bien sûr ces fonds d’entrepreneuriat social européens. Mais nous avons également proposé, en février de cette année, un statut de fondation européenne. »

13 septembre 2012
« Si le débat ouvert par l’émergence en France du concept d’entrepreneuriat social manque de clarté et confine souvent au dialogue de sourd, c’est peut-être parce qu’il n’a pas suffisamment été éclairé par une tentative de réponse à une question simple et pourtant essentielle : “De quoi s’agit-il ?” » Ainsi s’ouvre l’éditorial de Marcel Caballero, vice-président du Ciriec-France, dans sa lettre mensuelle datée de septembre 2012 (n° 57). Ce dernier poursuit en rappelant qu’en février 2010 il prédisait « un débat ardu » et reconnaissait qu’« économie sociale et entrepreneuriat social ne sont pas synonymes », avant de conclure : « De nombreux points de vue se sont déjà exprimés sur l’entrepreneuriat social et l’économie sociale […] et la confusion risque de perdurer tant qu’une véritable recherche n’aura pas été conduite, dans laquelle les faits, mais également les opinions des uns et des autres seront clairement et objectivement pris en compte. »

6 septembre 2012
Le ministre chargé de l’Economie sociale et solidaire, Benoît Hamon, qui prépare actuellement une loi pour encadrer l’ESS, s’est exprimé en juillet dernier, dans le quotidien gratuit 20 minutes, sur les solutions que peut proposer cette forme d’économie en matière d’emploi : « Il n’est pas normal que, dans les quartiers populaires ou en milieu rural, les jeunes, diplômés ou non, ne trouvent pas de travail. Il y a un vivier d’emplois considérable, des besoins sociaux énormes qui ne sont pas couverts », constatait-il, précisant que cela ne concernait « pas seulement des postes d’éducateur, mais par exemple dans l’encadrement des diagnostics énergétiques du parc HLM ». L’économie sociale et solidaire a, selon le ministre, un rôle important à jouer de ce côté-là. « Il faut redonner confiance, grâce au travail, de manière pérenne, avec des formations adéquates », concluait-il.

30 août 2012
Pour Thierry Aumonier, dirigeant d’une entreprise sociale et solidaire, « l’engagement social se démontre mieux par la mise en œuvre d’actions concrètes que par l’affichage de chartes d’éthique », explique-t-il dans une tribune publiée dans les pages « Forum » du journal La Croix, le lundi 9 juillet. Il précise sa pensée en affirmant « que l’économie sociale n’est pas une solution toute faite et que, telle qu’elle est devenue, ce n’est pas le développement de son poids qui résoudra le défi essentiel de la vie économique actuelle : promouvoir l’humanisation de la vie au travail ». Un point de vue qui, s’il peut paraître un peu radical, a le mérite de remettre au centre des discussions les véritables enjeux défendus par l’ESS à l’origine.

23 août 2012
Jean-Marc Borello a participé, le 3 août dernier, Au débat du midi de Thomas Chauvineau, sur France Inter. Le thème était « L’entrepreneuriat peut-il changer le monde de l’entreprise ? ». A cette occasion, l’auteur de L’entreprise du xxie siècle sera sociale ou ne sera pas, paru aux éditions Rue de l’Echiquier, a réaffirmé sa conviction qu’aujourd’hui une société « ne peux plus avoir pour objectif de maximiser des profits, et plus particulièrement ceux à court terme ». Désormais « une entreprise [qu’elle soit sociale ou pas], si elle veut être pérenne, devra prendre en compte son impact social, environnemental et économique ». Une analyse qui pourrait se révéler juste, si l’on se réfère notamment à l’exemple du Panorama de l’économie sociale et solidaire à Réunion, publié par le Cres de l’île. Vous pourrez lire un compte rendu de cette étude dans La Lettre 1476, de la semaine prochaine.

16 juillet 2012
A l’occasion d’un rapport de la commission des affaires économiques qu’ils ont présenté, les sénateurs socialistes Marie-Noëlle Lienemann et Marc Daunis ont rappelé l’importante place des coopératives dans le modèle économique français et ont évoqué des pistes pour soutenir ces sociétés.
« Plus d’un million d’emplois dépendent directement de l’activité des coopératives, soit pas loin de 5 % de l’emploi du secteur privé », analysent les sénateurs, avant de rappeler les valeurs « fondées sur des règles de gouvernance qui donnent à ceux qui sont durablement engagés dans l’entreprise le pouvoir de décider de sa stratégie ».
Alors que les Nations unies ont déclaré « 2012, Année internationale des coopératives », les sénateurs et auteurs du rapport de la commission des affaires économiques proposent des pistes de soutient. Notamment en facilitant « la reprise par les salariés ». Celle-ci, selon eux, « offre des avantages spécifiques : les salariés ayant une bonne connaissance de l’entreprise et de son environnement, la transition se trouve généralement facilitée et les chances de survie de l’entreprise s’en trouve augmentées ».

12 juillet 2012
Alors que la création d’une Banque publique d’investissement (BPI) est à l’étude au sein du gouvernement, Guy Hascoët, ancien secrétaire d’Etat, prend la défense de l’économie sociale et solidaire sur le site de Ouest France Entreprises. Il conteste notamment l’idée reçue selon laquelle l’ESS est trop subventionnée. « Faux, tranche-t-il. Si on fait le calcul des aides à l’emploi, des défiscalisations possibles, on réalise que l’économie “classique” touche finalement davantage d’aides de l’Etat que l’ESS. » Il met également en avant les avantages directs que retire la société des aides de l’Etat accordées à l’ESS, affirmant ainsi : « Nous sommes aidés par l’Etat pour employer des personnes handicapées. Mais sans l’entreprise, ces personnes sans emploi seraient privées d’autonomie et coûteraient beaucoup plus cher à la société. »

5 juillet 2012
A l’occasion de la visite d’une entreprise de réinsertion, Benoît Hamon, le ministre délégué en charge de l’ESS, évoque, dans Les Echos du 2 juillet 2012, la possible création, dans les mois à venir, d’un nouveau statut juridique pour les coopératives. Ce statut les situerait entre l’entreprise classique et la Scop. Le ministre souligne en effet que, chaque année, « il y a 200 000 emplois qui disparaissent faute de repreneurs, alors que les entreprises concernées sont saines. Elles ne dégagent pas forcément une rentabilité à deux chiffres, mais elles sont viables ».
Par ailleurs, Benoît Hamon espère que l’ESS pourra bénéficier de près de 500 millions d’euros de la part de la future Banque publique d’investissement (BPI), afin de pouvoir soutenir les employés qui veulent reprendre leur entreprise.
Mais, prévient Claude Alphandéry, principal fondateur de l'économie sociale et solidaire et ancien directeur général de France active, « si nous avons les 500 millions d'euros de la BPI, il faudra s'en servir beaucoup mieux que les 100 millions que nous avons obtenus du grand emprunt et qui ont été une vraie usine à gaz ».

28 juin 2012
A quelque jour d’un conseil européen crucial pour l’avenir de l’Union européenne, Ignacio Fernandez Toxo et Bernadette Ségol, respectivement président et secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES) s’expriment, dans Le Monde. Ils proposent la mise en place d’un nouveau contrat social pour l’Europe.
« Un tel contrat, à débattre à tous les niveaux, doit se fonder sur trois piliers : la démocratie sociale – c'est-à-dire notamment le respect des négociations collectives –, la gouvernance économique, au service d'une croissance durable et d'emplois de qualité et, enfin, la justice économique et sociale, par le biais de politiques de redistribution, la fiscalité et la protection sociale », expliquent-ils.
S’attardant sur une nouvelle gouvernance de l’Europe, ils estiment que celle-ci doit « soutenir la coopération et la coordination des politiques économiques et des investissements au service d'une économie bas carbone. Elle doit s'inscrire dans un cadre politique et institutionnel clair, qui reflète [une] communauté de destin, par l'intermédiaire notamment de la création d'euro-obligations, le renforcement du rôle de la Banque centrale européenne dans la gestion de la crise, une convergence et une harmonisation des politiques fiscales (les bases taxables des entreprises autant que les taux), la mise en place rapide de la taxe sur les transactions financières et une lutte beaucoup plus déterminée contre les paradis fiscaux »

21 juin 2012
Dans Le Nouvel Economiste, Andréa Paracchini s’intéresse aux futurs défis des mutuelles. Premier d’entre eux, la taxation : « Obligées de répercuter chaque hausse d’impôt sur leurs adhérents en augmentant les cotisations, les mutuelles se perçoivent désormais comme des “collecteurs d’impôt”. Or, en période de crise, la santé devient une variable d’ajustement pour nombre de ménages. Les statistiques montrent en effet qu’entre 2009 et 2011 la part de Français ayant renoncé ou reporté des soins médicaux est passée de 11 à 30 %. Auprès de certaines franges de la population, comme les étudiants en difficulté économique, ce taux atteint même 40 %. »
L’article, très complet, souligne également l’autre difficulté majeure des mutuelles : les dépassements d’honoraires. « Véritable hantise des complémentaires, ceux-ci ont atteint 2,5 milliards d’euros en 2011. Pour endiguer le phénomène, un seul mot d’ordre : le conventionnement des professionnels de santé. Ainsi, cinq plateformes existent aujourd’hui en France : Kalivia (à l’initiative d’Harmonie Mutuelles avec Malakoff Médéric), Sévéane (Groupama et Pro BTP), Santéclair (partenariat entre Allianz, Maaf-MMA, MGP et Ipeca), Itelis (Axa) et le réseau créé par la MGEN et la Macif », note Andréa Paracchini.

14 juin 2012
Julie Battilana, professeure associée à la Harvard Business School, signe une chronique dans les pages « Eco & entreprises » du Monde. Elle y évoque les fonds d’investissement solidaires. « Cette nouvelle génération de fonds, par exemple Acumen Fund aux Etats-Unis, Ignia au Mexique ou le Comptoir de l’innovation en France, investit avec l’objectif d’avoir un impact social positif tout en bénéficiant d’un possible retour sur investissement. Ils se distinguent des fonds d’investissement socialement responsables classiques qui visent à faire des profits sans nuire à leur environnement naturel ou humain », explique Julie Battilana. Au-delà de leur originalité, elle souligne leur potentiel : « Les projections sur la taille de ce marché s’accordent pour dire que les investissements à visée sociale pourraient atteindre plus de 500 milliards de dollars (397 milliards d’euros) dans la décennie à venir. »

7 juin 2012
On connaissait MyMajorCompany pour ses activités de production musicale et littéraire, la plateforme se lance désormais dans l’aventure de la philanthropie participative. L’occasion pour Robin Sappe de revenir, dans Le Cercle – Les Echos, sur ce modèle et les raisons de son succès. « Pourquoi MyMajorCompany se lance-t-il également dans l’aventure alors que ce marché peine à émerger en France ? Dans le monde de la finance participative, la réussite de la plateforme américaine Kickstarter fait rêver. Il ne se passe pas un mois sans que soit évoqué un projet qu’ils soutiennent et qui a réussi à collecter plus d’un million de dollars… », explique-t-il. Mais ce nouveau venu annonce, selon Robin Sappe, une ère de forte concurrence dans le secteur de la philanthropie : « L’arrivée de MyMajorCompany est redoutée, car l’entreprise a réalisé d’importantes levées de fonds dans la production participative. Elle dispose aussi d’une forte capacité à communiquer et à nouer des partenariats, qu’elle va pouvoir déployer dans le secteur de la philanthropie. Peut-être cela sera-t-il bénéfique à tous en accélérant la maturation de ce marché en France ? En attendant, les acteurs en place vont devoir continuer à innover pour se démarquer et conserver leur place. »

31 mai 2012
Cette semaine, la rubrique « Des idées et des mots » donne la parole au tout nouveau ministre chargé de l’Economie sociale et solidaire. Au micro de France Info, Benoît Hamon a tout d’abord donné la définition de son propre champ d’action : « L'économie sociale et solidaire, c'est le champ de toutes ces entreprises qui ont aujourd'hui ou une finalité sociale ou des statuts qui les appellent à avoir une gouvernance démocratique, un système de répartition de la richesse qui est totalement différent d'une société classique. » Le ministre a ensuite évoqué le programme « Emplois d'avenir » en faveur de l’embauche de 150 000 jeunes et dont il souhaite faire un levier contre la précarité du secteur associatif.
« Nous voulons déprécariser. Le programme sera un moyen de professionnaliser le secteur associatif, [...] mettre en œuvre des échelles de salaire de un à dix entre le chef de l'entreprise et le salarié au plus bas de l'échelle sociale », a-t-il déclaré.

24 mai 2012
Dans un article intitulé « Réindustrialiser les territoires... chiche ! », paru dans Le Monde du 21 mai, la dynamisation des territoires est envisagée en lien avec l’ESS. Les auteurs de cette tribune : Geneviève Gaillard, députée-maire de Niort, Gérard Andreck, président du groupe Macif, Marc Desforges, associé de CMI, et Frédéric Gilli, chercheur à Sciences-Po, voient dans ce secteur un moyen de lever des fonds. « Beaucoup d'épargnants seraient heureux que leur argent soit investi dans leurs territoires et certains acteurs financiers sont prêts à jouer le jeu, constatent-ils. Proches des gens, des territoires et des entrepreneurs, les banques mutualistes et mutuelles d'assurance peuvent être les "pionniers" de cette réorientation. »

Plus que par leur potentiel de financement, c’est leur philosophie même qui, selon les auteurs, devrait permettre une collaboration des banques et des assurances mutualistes avec les acteurs économiques locaux : « D'abord, leurs liens avec l'économie sociale et solidaire les rendent sensibles aux modèles décentralisés. Ensuite, l'organisation de leur capital les soustrait aux contraintes de rentabilité des banques cotées. Ils sont capables d'accompagner le développement à moyen-terme des territoires et des entreprises locales. »

18 mai 2012
La France a un nouveau gouvernement, mais les contraintes financières qui pèsent demeurent les mêmes. Alors, pour les acteurs de l’économie sociale et solidaire, que-faire? Dans Le Cercle – Les Echos, Jean-Marc Borello, président du Groupe SOS et du Mouves (Mouvement des entrepreneurs sociaux), rappelle l’intérêt qu’ils représentent pour les pouvoirs publics : « Dans les secteurs de la santé et de l’accueil de personnes âgées dépendantes, les établissements privés non lucratifs apparaissent, pour la grande majorité des analystes indépendants, comme une voie d’avenir. Ils permettent de garantir l’accès aux soins ou la prise en charge du grand âge dans des conditions financières compatibles avec les budgets de l’Assurance maladie et des départements. » Et de conclure : « Ainsi, les entreprises sociales démontrent au quotidien que la baisse des coûts peut être accompagnée par plus de solidarité. Qu’elles soient en lancement ou aient plus de vingt ans d’existence, elles constituent des expériences réussies qu’il faut développer, dupliquer, multiplier. »

10 mai 2012
A peine élu, François Hollande doit préparer sa prise de fonctions. Et les chantiers sont nombreux. Si la priorité devrait être donnée aux questions économiques internationales et, en particulier, à la négociation d’un volet « relance » au pacte budgétaire européen, l’été sera marqué par deux rendez-vous liés à l’ESS.
Le premier aura lieu au Brésil, du 20 au 22 juin, pour la conférence des Nations unies sur le développement durable, vingt ans après le sommet de la Terre à Rio. L’occasion pour François Hollande de développer ses engagements sur le thème retenu pour cette nouvelle édition : « l’économie verte dans le cadre du développement durable et de l’éradication de la pauvreté ».
Mi-juillet, le président élu devrait tenir, selon sa promesse, un sommet social. Avec pour objet emblématique la revalorisation du Smic, il s’agirait selon le Journal du dimanche d’une « sorte de big bang social, jamais tenté en France ». L’emploi et le pouvoir d’achat seront au centre des discussions, et la protection sociale y aura aussi bonne place. Pour le JDD, la tenue de ce sommet d’envergure expliquerait l’appel du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, à voter contre Nicolas Sarkozy au second tour.

3 mai 2012
Chaque semaine nous en apporte de nouvelles preuves, l’ESS connaît un regain d’intérêt de la part du monde politique et économique. Favorisée par la crise, cette attention pour des modèles alternatifs mérite d’être envisagée avec un esprit critique selon Roger Belot, président-directeur général de la Maif.
Dans une tribune pour Le Monde, il rappelle qu’avant de s’y intéresser certains s’étaient détournés du secteur. « La nouvelle popularité de l'ESS n'a d'ailleurs pas manqué d'intriguer, puis de susciter l'intérêt de grandes entreprises, le plus souvent de la banque et de l'assurance, constate Roger Belot. Ironie du sort : nombre d'entre elles furent des acteurs historiques à nos côtés, avant de se débarrasser d'un modèle jugé un peu trop hâtivement périmé. Se souvenant brutalement, mais avec opportunisme, de leur passé, elles ont balayé à coups de spots publicitaires les dérives spéculatives dans lesquelles elles s'étaient laissées entraîner ».
Face à cette appropriation cosmétique, le PDG de la Maif estime que « les responsables politiques, d'aujourd'hui comme de demain, doivent tirer les leçons du succès de notre modèle social et solidaire. Dans une société qui demain s'organiserait autour d'un pouvoir latéral et non plus hiérarchique, où la mutualisation serait le maître mot de l'organisation économique, sociale et énergétique, les modèles d'entreprendre de l'ESS, en particulier le modèle mutualiste, apporteront des réponses durables à toutes celles et ceux qui veulent s'engager dans une autre voie que celle de la toute-puissante finance internationale. »

26 avril 2012
Cette semaine, nous allons au Québec, où l’on fait le même constat qu’en France, celui d’un retour en force du mouvement coopératif. Le quotidien Le Devoir y consacre un article.
« Comme le mouvement syndical international avant le congrès inaugural de la CSI (Confédération syndicale internationale) à Vienne, en 2006, le mouvement coopératif semblait lui aussi ”affaibli”, ”léthargique”, ”adapté au capitalisme” et n'était plus considéré comme un ”facteur de changement”, peut-on y lire. Il s'est réveillé depuis quelque temps et plaide haut et fort pour une diversité économique. Avec la crise financière de 2008 et ses répercussions, ce mouvement vante à nouveau ses qualités et ne se gêne plus pour se présenter comme une solution à la débandade du modèle économique dominant. » Et le quotidien québécois de laisser la parole à Nicola Kelly, directrice des communications de l'Alliance coopérative internationale (ACI). Pour elle, le mouvement coopératif doit profiter de cette conjoncture favorable : « L'année 2012 offre vraiment une occasion de mettre les coopératives à l'ordre du jour. Nous travaillons très fort, en ce moment, pour que les coopératives soient mentionnées lors de la conférence de Rio + 20, en juin prochain. »

19 avril 2012
Dans l’éditorial du numéro d’avril de Brèves, la lettre mensuelle du Ciriec-France, son président Marcel Caballero se penche sur le bilan de cette campagne électorale pour l’économie sociale et solidaire. Dans tous les secteurs, les acteurs ont cherché à peser de tous leurs poids pour obtenir des engagements des candidats à l’élection présidentielle. « Les partisans de l’économie d’intérêt général, qu’elle soit publique ou sociale, ne sont pas en reste. Manifestes, auditions, pétitions, ouvrages, colloques… Jamais sans doute ils n’auront été autant présents, même si, jusqu’ici, la traduction de cette présence est modeste dans les programmes électoraux », constate Marcel Caballero. Indépendamment des résultats qu’obtiendront les acteurs de l’ESS au terme de cette mobilisation, elle mériterait d’être étudiée, afin de « mieux mesurer les ambitions, la volonté, les moyens, en un mot la capacité des tenants de l’économie d’intérêt général à s’exprimer et à être entendus ».

12 avril 2012
L’économie sociale réapparaît sur le devant de la scène à la faveur de la crise économique. Si elle est indéniablement porteuse d’innovations, elle ne date pas d’hier et est loin d’être l’apanage des pays occidentaux. Dans son numéro d’avril, Alternatives économiques fait une piqûre de rappel… « Cette économie n’est pas spécifique à la France. Partout dans le monde, des initiatives émanant de la société s’efforcent de prendre en charge des besoins que ni le marché ni l’Etat ne peuvent ou ne veulent satisfaire, même si tous ne se reconnaissent pas dans la notion d’ESS », notent Manuel Domergue et Philippe Frémeaux dans leur article. Les nombreuses initiatives venues d’Amérique du Sud sont là pour l’illustrer. Plus généralement, l’ESS est apparue comme un outil de redistribution du pouvoir. « Ainsi, au Québec, elle s’est révélée un moyen pour la société de s’auto-organiser dans un contexte où le pouvoir économique était détenu par les anglophones. »

5 avril 2012
Sur le site Atlantico.fr, Pascal-Emmanuel Gobry, analyste de marché et maître de conférences à HEC, regrette que la gauche française ne valorise pas suffisamment l’expérience des coopératives. « Quand on pense coopérative, on pense souvent agriculture, voire soixante-huitards sur le retour dans le Larzac qui élèvent des chèvres, constate-t-il. Il n'y a pas de mal à élever des chèvres dans le Larzac ! Mais c'est méconnaître la puissance de ce modèle d'entrepreneuriat alternatif, qui a déjà des réussites à son actif. » Et l’auteur de l’article de suggérer quelques lignes plus bas : « L'Etat pourrait s'inspirer de l'histoire des coopératives agricoles. Ce qui a permis l'émergence de ce modèle fut aussi les caisses agricoles, qui ont permis le financement et la modernisation des exploitations à la fin du XIXe siècle. On pourrait donc imaginer un système similaire de caisses coopératives, locales et indépendantes, financées par Oséo ou la Caisse des dépôts et garanties par l'Etat, qui permettraient aux coopératives de rattraper leur retard de financement par rapport aux sociétés commerciales. »

29 mars 2012
Les 15 et 16 février dernier avait lieu les IIes Rencontres scientifiques de la Caisse nationale de la solidarité pour l’autonomie (CNSA), avec pour thème cette année les parcours de vie des personnes en perte d’autonomie. Dans se lettre d’information, la CNSA rend compte des réflexions menées pendant ces deux jours.
Ce fut d’abord l’occasion de faire le constat d’un certain retard français sur la question des parcours de soins, selon Marie-Sophie Desaulle, directrice générale de l’agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire : « Nous avons sans doute un chemin plus important à parcourir que d’autres pays, notamment les pays nordiques, du fait des logiques culturelles et historiques, car nous avons commencé à construire nos réponses dans une logique d’institution, c’est-à-dire de mise à part. On prend en compte, bien sûr, mais la prise en compte se fait dans une mise à part, en dehors de la société. Donc, le chemin, pour nous, est sans doute plus difficile à parcourir que pour d’autres pays qui n’ont pas eu ce modèle de réponse-là. »
En dépit de l’inertie institutionnelle, le chemin à suivre est bien celui du parcours de soins. C’est en tout cas la conclusion tirée par Francis Idrac, président du conseil de la CNSA : « Cette approche en termes de parcours me paraît particulièrement productive, parce qu’elle oblige à prendre en compte la singularité de chaque personne, mais ça aussi, c’est un fondement absolument majeur de toute la philosophie développée par la CNSA. C’est prendre en compte l’évolution individuelle en ne se limitant pas à l’état à un moment donné, c’est prendre en compte l’exigence d’une coordination des acteurs du soin et de l’accompagnement, prendre en compte l’exigence d’une cohérence dans la prise en charge. »

23 mars 2012
Avec 2,3 millions de salariés, soit près de 10 % l’emploi en France, l’économie sociale et solidaire ne devrait pas avoir de mal à peser dans la campagne présidentielle. La partie est pourtant loin d’être gagnée, comme l’explique Sophie Péters dans un article de Latribune.fr : « Alain Cordesse, le président de l'organisation patronale Usgeres, a beau marteler que "l'économie sociale, ce n'est pas l'économie de la réparation", il avoue y aller "comme sur des œufs dans cette campagne parce qu'on nous a longtemps reproché de ne pas être de vrais employeurs". Ce qu'il souhaite ? "Que la représentativité ne soit plus le fait du prince et qu'il y ait des critères objectifs de représentativité… au risque sinon de voir le dialogue social s'étioler dans les années qui viennent, faute de combattants". »
Si la proposition du « contrat jeunes » pour les moins de 26 ans a plutôt été entendue par les candidats, la question de la représentativité reste en effet à défendre. « Avec 19 % des suffrages dans le collège employeurs aux dernières élections prud'homales, l'Usgeres attend du Conseil d'Etat qu'il satisfasse à sa demande de siéger dans certaines instances (Commission nationale de la négociation collective, Conseil supérieur de la prud'homie, Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail). Mais ce n'est pas qu'une question politique, c'est aussi une question de moyens pour cette organisation patronale dont le budget n'atteint pas 1,5 million d'euros. »

8 mars 2012
Le 2 mars, cinq candidats  à l’élection présidentielle (ou leurs représentants) se sont succédé à la tribune du Conseil des entreprises, employeurs et groupements de l'économie sociale (CEGES) : François Hollande (PS), Roselyne Bachelot pour Nicolas Sarkozy (UMP), Robert Rochefort pour François Bayrou (Modem), Sylvie Mayer et François Longérinas pour Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et Eva Joly (EELV).
Evidemment, chacun tente de séduire le secteur avec ses arguments propres. Pourtant, comme le souligne le site Novethic.fr, certaines questions font consensus : « L’amélioration de l’accès du secteur aux marchés publics en mettant en place des critères sociaux dans les appels d'offres ou en réservant un pan des marchés à l’ESS. Mais aussi la nécessité de sensibiliser et former les élèves et étudiants (notamment des grandes écoles) aux valeurs et opportunités du secteur et de favoriser l’insertion des jeunes en difficulté par ce biais. » Un consensus qui laisse espérer des avancées pour le secteur, quelle que soit l’issue du scrutin du 6 mai prochain.

1er mars 2012
2012 a été déclarée Année internationale des coopératives par l’ONU, un hommage à ces entreprises qui « construisent un monde meilleur ». Raison de plus pour se pencher sur leur viabilité et leur efficacité économiques. Dans un entretien accordé au Parisien, Patrick Lenancker, président de la Confédération générale des Scop, défend ces sociétés coopératives et participatives. Pour lui, la notoriété actuelle du mouvement coopératif est due au contexte de crise : « Si avoir un travail et le conserver est aujourd’hui la priorité des citoyens, la qualité de cet emploi, la possibilité de s’y épanouir, le fait de savoir à quoi il sert sont également devenus une réelle préoccupation, explique-t-il. Le mouvement coopératif, avec le mode de gouvernance des Scop et des Scic, apporte une réponse à ces préoccupations. Les coopératives ne sont pas là pour gagner le plus d’argent possible, mais pour en gagner le plus longtemps possible. Ça fait la différence ! » Et ces entreprises n’apportent pas seulement un supplément de confort et de sens pour ceux qui y travaillent. Elles s’avèrent également plus performantes, selon Patrick Lenancker : « Plus de 85 % des Scop sont bénéficiaires. Certaines se développent même à l’international sans délocaliser les emplois. Autre différence avec les entreprises classiques, le taux de survie après cinq ans d’existence : il est de 57 %, contre 52 %. Cela prouve que le salarié peut s’aguerrir à la gestion d’entreprise. »

16 février 2012
Dans une interview publiée le 10 février dernier par L’Argus de l’assurance, Guy Herry et François Venturini, respectivement président et directeur général d’Harmonie mutuelles, reviennent sur la stratégie de développement de leur groupe mutualiste. Après fusion, il sera l’an prochain la première complémentaire santé, avec 2 milliards d’euros de cotisations. Au sujet d’une éventuelle taille critique, François Venturini explique : « Il y a quelques années, une mutuelle qui comptait 500 000 personnes protégées avait atteint la taille critique. Aujourd’hui, nous sommes loin de ce chiffre. La notion de taille critique est donc toute relative. Au-delà de cette problématique de taille, notre objectif est aujourd’hui d’être présents dans l’ensemble du territoire. Afin d’améliorer ce maillage, nous privilégions la collaboration avec d’autres mutuelles. […] C’est pourquoi nous allons conserver une union mutualiste, pour accueillir des mutuelles souhaitant s’adosser à un groupe national qui leur apportera les services dont elles ont besoin. »

9 février 2012
Cette semaine, « Des idées et des mots » s’intéresse à la gouvernance des coopératives. Dans le numéro 23 (décembre 2011) de La Lettre de l’IFA (Institut français des administrateurs), Antoine de Roffignac explique pourquoi les administrateurs élus dans les coopératives délèguent souvent la gestion opérationnelle à des équipes de professionnels : « Elles apportent au groupement leurs connaissances techniques, leurs compétences managériales et l’expérience acquise dans d’autres environnements. Certaines coopératives matérialisent cette délégation de pouvoir en dissociant le mandat de président, exercé par un adhérent élu au conseil d’administration, de la fonction de directeur général, confiée à un cadre dirigeant extérieur. D’autres, minoritaires, vont jusqu’à mettre en place une structure à conseil de surveillance et directoire. » Mais cet ancien administrateur d’un groupe coopératif (pendant dix ans) insiste sur la nécessaire implication des élus dans cette gestion opérationnelle, même s’ils l’ont déléguée, car, selon lui, « la force du modèle coopératif vient de ce que, par définition, toute décision est orientée vers la satisfaction de l’adhérent, "client" ou "fournisseur" de son groupement. C’est pourquoi, à côté des comités d’audit ou des comités financiers, des commissions mixant sociétaires représentant le terrain dans sa diversité, élus et cadres jouent un rôle important sur ces sujets très opérationnels : achats, politique commerciale, communication, marketing, formation… »

2 février 2012
Dans son édition du 24 janvier, la lettre de l’Agence fédérale d’information mutualiste (Afim) revient sur les résultats de l’enquête menée par Radio France auprès de 5 000 auditeurs sur leur rapport au travail. On y apprend notamment que « seulement 30 % des Français estiment qu’au travail, les choses vont bien : 5 % trouvent que "c’est formidable" et 25 % que "ça va". En revanche, 70 % disent le contraire : "je suis fatigué" (27 %), "c’est tellement dur que j’ai envie de partir" (13 %). Quelque 43 % des personnes interrogées déclarent vouloir changer d’emploi. Enfin, 30 % ne sont pas contentes d’aller au travail le matin ».
La sociologue Dominique Méda, membre du comité scientifique de cette enquête, constate que « le travail arrive en troisième position après la famille et le loisir, comme s’il n’était plus capable de satisfaire les immenses attentes que la population continue de placer en lui ». Une désaffection qui trouve son origine dans le quotidien, explique la sociologue : « Ne plus pouvoir bien faire son travail, être déchiré entre les injonctions contradictoires, devoir bafouer son éthique et son métier pour répondre aux prescriptions et aux critères d’évaluation, qui sont désormais omniprésents, voilà ce qui altère gravement, et en son cœur même, le rapport au travail. »

26 janvier 2012
Dans son édition du 24 janvier, la lettre de l’Agence fédérale d’information mutualiste (Afim) revient sur les résultats de l’enquête menée par Radio France auprès de 5 000 auditeurs sur leur rapport au travail. On y apprend notamment que « seulement 30 % des Français estiment qu’au travail, les choses vont bien : 5 % trouvent que "c’est formidable" et 25 % que "ça va". En revanche, 70 % disent le contraire : "je suis fatigué" (27 %), "c’est tellement dur que j’ai envie de partir" (13 %). Quelque 43 % des personnes interrogées déclarent vouloir changer d’emploi. Enfin, 30 % ne sont pas contentes d’aller au travail le matin ».
La sociologue Dominique Méda, membre du comité scientifique de cette enquête, constate que « le travail arrive en troisième position après la famille et le loisir, comme s’il n’était plus capable de satisfaire les immenses attentes que la population continue de placer en lui ». Une désaffection qui trouve son origine dans le quotidien, explique la sociologue : « Ne plus pouvoir bien faire son travail, être déchiré entre les injonctions contradictoires, devoir bafouer son éthique et son métier pour répondre aux prescriptions et aux critères d’évaluation, qui sont désormais omniprésents, voilà ce qui altère gravement, et en son cœur même, le rapport au travail. »

18 janvier 2012
Dans sa deuxième édition (décembre 2011), le Panorama édité par l’observatoire de l’économie sociale et solidaire en Ile-de-France s’intéresse aux avantages du secteur pour faire face à la crise qui frappe le reste de l’économie.
Pour Eric Forti, président de la Cress Ile-de-France et vice-président de L’Atelier, « il est sûr que l’ensemble de l’économie sociale et solidaire résiste mieux. L’ancrage local de ses entreprises et leur gouvernance collective et démocratique ont permis de constater, entre 2008 et 2009, une augmentation du nombre d’entreprises et d’emplois dans l’économie sociale et solidaire francilienne ».
Un constat partagé par Jean-Marc Brûlé, président de L’Atelier et conseiller régional Europe Ecologie- Les Verts.  Lui aussi note que « l’ESS résiste plutôt bien à la crise qui met à bas banques multinationales et Etats. Parce que cette économie répond à de réels besoins identifiés, au plus près des territoires concernés ». Et il ajoute en guise de conclusion : « Gageons que ces richesses humaines, sociales et financières seront l’économie de demain. »

12 janvier 2012
Dans son discours d’ouverture au congrès du Ciriec turc, repris dans la lettre mensuelle (janvier 2012) de la section française de cette organisation internationale, Marcel Caballero, vice-président du Ciriec France, citant Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, dénonce le « fondamentalisme du marché » actuel et défend l’intérêt de l’économie sociale : « Il faut nous interroger sur le rôle de l’économie sociale dans la création et la mise en œuvre d’un nouveau système fondé sur la satisfaction des besoins du plus grand nombre, la gestion démocratique des entreprises et la non-appropriation individuelle des profits. Cette interrogation était au centre des débats de notre congrès international, en septembre 2008, à Séville. Le congrès se réunissait quelques jours après le début de la crise bancaire. Nous y avions invité Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie. Son intervention est toujours d’actualité. Il dénonçait la religion dominante des vingt-cinq dernières années, qu’il appelle ” le fondamentalisme du marché ”. Ce fondamentalisme impose, d’après Stiglitz, ” une économie qui privilégie l’intérêt privé au détriment de l’intérêt général ; une économie qui n’est pas innovatrice mais, au contraire, fait obstacle à l’innovation et à l’efficacité, pour maximiser les bénéfices à court terme de quelques uns ”. Le prix Nobel démontrait le succès des économies dans lesquelles le rôle de l’Etat et de l’initiative citoyenne sont importants. Il ajoutait : ” Une économie équilibrée, avec un secteur privé traditionnel, un secteur public efficace et une économie sociale en progression est le modèle d’avenir ”. »

5 janvier 2012
Affaire SeaFrance : projet coopératif ou montage « abracadabrantesque » ? Par Jean-Louis Girodot, directeur de la publication.
Mardi, le tribunal de commerce de Paris demandait encore un peu de temps pour statuer au sujet de la reprise de la société maritime SeaFrance, actuellement en grande difficulté, par ses salariés sous la forme de société coopérative ouvrière de production (Scop). Pour que ce projet, soutenu par la CFDT (mais pas par la CGT) et plus étonnement par le gouvernement, voie le jour, au moins 500 des 880 salariés de SeaFrance devront s’engager à investir leur 70 000 euros d’indemnités de licenciement dans le capital de l’entreprise. Ce pari est-il vraiment jouable ? Ne s’agit-il pas plutôt d’une opération politique ? Dans un secteur très concurrentiel, la future entreprise sera-t-elle vraiment viable ? Autant de questions qui devront être tranchées dans les semaines à venir.

 

 

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