Rendez-vous d'informations mutualistes, coopératives et associatives    

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20-21 octobre 2016- Strasbourg
36e congrès des Scop et SCIC
« Ce congrès est un temps rare et précieux pour rencontrer des coopérateurs et coopératrices de toutes régions, partager ses idées et favoriser l’intercoopération au-delà de son métier. Place à l’audace ! ». Tous les quatre ans, le mouvement des Scop et SCIC démontre le bienfait de ses démarches via un congrès national...
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24 octobre 2016- Paris
5e Rencontre nationale des collectivités locales autour de l’ES
Ce temps fort annuel du Réseau des collectivités territoriales pour une économie solidaire (RTES) est inscrit « dans la déclaration commune des réseaux de collectivités, “L’ESS, un modèle économique à part entière...
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2-4 novembre 2016 - Marseille
Semaine économique de la Méditerranée
L’ESS passe par le numérique et la première semaine de novembre sera importante dans le sud de la France, avec le thème, Le numérique...
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:: Tout l'agenda...

 

DES IDÉES ET DES MOTS

 

 

17 décembre 2015
ESS et élections régionales
Ces derniers mois, les réseaux de l’ESS ont fait part de leurs motivations aux différents candidats des régionales de 2015. À commencer par les chambres régionales de l’ESS (CRESS) qui les ont interpellé dans le cadre de leur rôle de représentation auprès des pouvoirs publics des intérêts du secteur (article 6 de la loi ESS). La chambre de Rhône-Alpes a présenté treize propositions aux quatre listes, en précisant « n’appartenir à aucun parti politique » selon les dires de Lise Lalanne, directrice de la CRESS Auvergne, à info-mag.com. Du côté de la CRESS Pays de la Loire, un blog « Elections régionales 2015 » permettait de partager la vision et les valeurs de l’ESS tout en faisant part de recommandations à destination des candidats régionaux. Quant à la CRESS Bretagne, elle a souhaité, selon le site avise.org, « consolider la stratégie régionale de développement de l’ESS et maintenir une confiance réciproque entre les acteurs publics et ceux de la société civile ». Cet ­objectif a donc été aidé par une base commune de 30 propositions à destinations des candidats pour « construire une Bretagne plus forte, plus ouverte, plus solidaire, plus créative et plus durable ».
Les associations n’étaient pas en reste également avec différentes rencontres ouvertes, des temps d’échange entre les acteurs associatifs et les candidats, permettant d’appuyer « la place particulière des associations dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques. » Selon avise.org toujours, deux exemples sont à mettre en évidence comme la conférence sur les enjeux et les besoins des emplois associatifs en région Centre ainsi qu’une journée thématique en Bretagne : « Les élus peuvent-ils faire sans les associatifs ? ». C’est le Mouvement associatif Midi-Pyrénées qui a interpellé les candidats en leur proposant, à travers une courte vidéo, de présenter leurs engagements en faveur du monde associatif : « Paroles de candidats ».
Les Mouves (Mouvement des entrepreneurs sociaux) ont eux aussi acté une campagne de plaidoyer, « Ouvrons les possibles », avec parmi les actions proposées, un livret de solutions comprenant une sélection d’innovations sociales et détaillant les axes du CLES (Contrat local de l’entrepreneuriat social). Le but est d’accompagner « quatre grand défis : retisser le lien social, générer de l’emploi pour tous, permettre l’autonomie de chacun et réduire notre empreinte environnementale ».
Infos sur le site : Ouvrons-les-possibles.com.

3 décembre 2015
Nouveau fonds de restructuration pour l’aide à domicile
Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes et Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat chargée de la Famille, de l’Enfance, des Personnes âgées et de l’Autonomie ont entendu le signal d’alarme tiré conjointement par les quatre fédérations de la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile à but non lucratif. En effet, les deux ministres ont plaidé, avec succès, devant le gouvernement pour la mise en place d’un fonds de restructuration doté de 25 millions d’euros. C’est la moitié de ce que les fédérations avaient demandé, ces dernières devant faire face au report à 2016 de la mise en place de la loi d’adaptation de la société au vieillissement. En effet, ce report a eu pour effet de transformer 2015 en année blanche, les fonds de restructuration précédents ayant prix fin en 2014. En conséquence de quoi les mises en redressement et les liquidations judiciaires se sont multipliées au cours de l’année, mettant à mal la continuité de service fournie aux personnes vulnérables, avec en outre des répercussions sur l’emploi du secteur. L’Union nationale des associations de soins et services à domicile (UNA) a tenu à manifester sa reconnaissance pour avoir été entendue et être désormais en capacité de parer à l’urgence de nombreuses associations.

26 novembre 2015
Comment les coopératives peuvent aider les réfugiés
La Turquie a accueilli, du 8 au 10 novembre derniers, une conférence internationale initié par l’Alliance internationale des coopératives et l’Organisation internationale du travail (OIT). Cette conférence a abordé, parmi d’autres thématiques, la façon dont les coopératives peuvent venir en aide au nombre grandissant de réfugiés et de migrants dans le monde. Simel Esim, chef de l’Unité des coopératives de l’OIT, s’est exprimée auprès de OIT Info. Elle rappelle les chiffres avancés par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) : « 13 millions en 2014, dont la moitié en Asie. Ce chiffre n’inclut pas les 5 millions de Palestiniens qui sont réfugiés depuis plusieurs décennies au Moyen-Orient. Aujourd’hui, la Turquie à elle seule accueillerait plus de 2,2 millions de réfugiés syriens ». Selon Simel Esim, les coopératives sont impliquées dans l’intégralité du processus d’intervention, « du début de la crise jusqu’à l’intégration dans le pays d’accueil ». Au-delà de l’assistance que ces structures apportent aux populations concernées au moment de leur arrivée, elles « peuvent être mises en place spécifiquement pour les réfugiés ou ces derniers peuvent rejoindre des coopératives opérant déjà dans les secteurs en croissance de l’économie du pays d’accueil ».
Intégration et responsabilisation
La chef de l’Unité des coopératives de l’OIT explique par ailleurs que les coopératives apportent une valeur ajoutée en comparaison avec les entreprises traditionnelles. En effet, ces structures se basent sur « l’entraide et le soutien mutuel », sur la mise en commun des efforts plutôt que sur leur individualisation, sur la responsabilité des décisions de chacun plutôt que sur une hiérarchisation déresponsabilisante, et, enfin, sur le partage équitable des ressources, favorisant en cela un sentiment d’appartenance, et l’intégration. Simel Esim soulève encore le fait que « les camps de réfugiés [...] peuvent être gérés de manière coopérative, avec des réfugiés qui sont membres et prennent des décisions », elle insiste sur la nécessité d’informer ces populations des « avantages des coopératives en matière d’économies d’échelle, de propriété et de contrôle pour les membres ». Elle donne un certain nombre d’exemple, parmi lesquels celui d’une ville allemande du nom de Gelsenkirchen où « des ­coopératives de logement ont commencé à réserver de grands appartements pour [les louer à] des familles réfugiées [afin de] les aider à s’intégrer et à bénéficier du système d’aide sociale. » La chef de l’Unité des coopératives de l’OIT rappelle également que les structures peuvent s’avérer fondamentales « dans la reconstruction post-conflit », une fois que les réfugiés rentrent chez eux, « en créant des emplois pour les minorités rapatriées et les anciens combattants, en reconstruisant des entreprises et des logements, en donnant aux réfugiés et aux personnes déplacées accès aux marchés, et en facilitant la réconciliation et la consolidation de la paix. »

19 novembre 2015
Le gouvernement rétrograde sur l’AAH
Dans le cadre du projet de loi finances (PLF) pour 2016, le Gouvernement avait proposé une mesure prévoyant de prendre en compte, dans le calcul de l’Allocation adulte handicapé (AAH), les intérêts non imposables que les percepteurs de l’allocation recevraient de leur épargne. La mesure, issue d’une politique égalitaire, avait été pensée dans l’idée d’harmoniser les minima sociaux : le calcul du RSA ou des allocations logement, par exemple, prend en compte l’argent placé par l’individu demandeur. Toutefois, cette mesure aurait entraîné la réduction du montant de l’AAH (de 807,65 euros par mois au maximum), réduction potentiellement très importante au regard des intérêts perçus : pour 205 euros par an gagnés sur le revenu de leur épargne, les concernés auraient perdu entre 1 257 et 2 151 euros d’allocation par an, selon les calculs de l’Association des paralysés de France (APF). Enfin, la mesure aurait fait perdre à certaines personnes des droits ouverts seulement aux individus touchant l’AAH à taux plein. Devant le tollé suscité par la mesure, notamment grâce à la forte mobilisation initiée par l’APF, le gouvernement a revu sa copie et retiré le dispositif, que certains politiques n’avaient pas hésité à qualifier de « racket ». Le retrait du dispositif a été salué par les élus de tous bords.

12 novembre 2015
Le Labo de l’ESS soutient l’agriculture bio
Dans son dernier éditorial du 22 octobre, Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS, s’exprime à propos du partenariat noué entre le Labo de l’ESS et la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab), pour sa campagne « manger bio local, c’est idéal ». Pour Hugues Sibille, l’Economie sociale et solidaire, tournée vers l’intérêt collectif, ne peut que se rallier à la filière bio. Favorable à l’environnement, au climat, à l’économie de proximité, mais aussi à la santé, Hugues Sibille rappelle que les combats de la Fnab rejoignent, pour nombre d’entre eux, les préoccupations de l’ESS, notamment dans la perspective de généraliser une économie plus durable.
Rapprochement inéluctable
Selon le président du Labo de l’ESS, les différents acteurs proposant des alternatives concrètes aux modes de productions et de distributions actuels devraient se rapprocher afin que « ceux qui changent leur monde parviennent ensemble à changer le monde ». C’est particulièrement vrai en ce qui concerne le changement d’échelle, auquel travaillent les deux parties, chacune dans leur spécialité. « Le bio n’a pas encore gagné la bataille des idées agricoles, loin s’en faut. De même l’ESS n’a pas encore gagné la bataille des idées économiques, loin s’en faut. Rapprocher bio et ESS c’est donc d’abord vital pour mener la bataille des idées, sur quelques messages clairs et lisibles », comme, par exemple, l’économie de proximité et plus particulièrement les circuits courts, chers aux convictions des deux secteurs, comme l’explique le président du Labo de l’ESS. Hugues Sibille indique encore que le rapprochement de l’ESS et du bio permettrait de « nouvelles alliances de territoire, de nouvelles coopérations entre parties prenantes », mais il soulève surtout le fait que, bientôt, les promesses faites par les deux secteurs, tournées vers l’intérêt général (préservation du climat, de l’environnement, de la santé, multiplication des gouvernances démocratiques, d’une économie plus solidaire...), appelleront un compte rendu, et nécessiteront des mesures d’impact. A ce titre, le rapprochement entre les deux parties apparaît inéluctable, pour « [(re)vitaliser] l’économie [et la ré-encastrer] comme moyen du développement humain et non comme fin en soi ».


4 novembre 2015
Perte d’autonomie : des aidants à bout de souffle
En France, un aidant sur cinq consacre plus de 40 heures par semaine à son proche. Ces personnes, qui assistent un parent ou un ami âgé en perte d’autonomie, dénoncent des situations particulièrement délicates : sentiment de solitude et d’isolement, manque d’information et d’accompagnement, coût élevé de la prise en charge... C’est ce que nous révèle l’enquête récente menée par l’association Cap retraite auprès d’un millier d’aidants, quelques mois avant l’entrée en vigueur de la loi d’adaptation de la société au vieillissement prévue pour début 2016. Axée sur le maintien des seniors à domicile, cette loi devrait notamment permettre à ces personnes de bénéficier d’une aide au répit financée par l’Etat. Une mesure attendue de longue date par les 4,3 millions d’aidants que compte notre pays (pour près de 8,4  millions de personnes âgées de 70 ans et plus).
Pour la reconnaissance d’un statut juridique spécifique
Dans la plupart des cas, l’aidant est l’enfant de la personne aidée. Agés de 59 ans en moyenne, ils sont 34 % à exercer encore une activité professionnelle. Plus de la moitié (54 %) participent financièrement à la prise en charge de leur proche et 98 % n’ont jamais eu recours au congé de solidarité familiale ou au congé de soutien familial. Ils sont en outre 63 % à ne pas connaître les solutions de répit et les structures de soutien dédiées. Enfin, 37 % sont confrontés à des conflits familiaux liés à la prise en charge de la dépendance de leur proche. Des chiffres qui en disent long sur ces situations compliquées, difficilement tenables à moyen terme. Pour inverser la tendance, Cap retraite réclame « la reconnaissance d’un statut juridique d’aidant avec des avantages fiscaux et financiers clairement établis », « des congés payés pour les aidants encore en activité », « une rémunération de l’aidant familial à hauteur des efforts déployés » et « le renforcement des structures d’information et de soutien existantes ».


29 octobre 2015
Six initiatives exemplaires de l’ESS récompensées
Les Prix et Trophées 2015 de l’initiative en économie sociale ont été remis le 15 octobre par la Fondation Crédit coopératif. Au total, six acteurs ont été récompensés : l’association Alerpi (Lorraine), pour son programme d’accueil de détenus isolés à leur sortie de prison (1er prix, 10 000 euros) ; l’association Voisin Malin (Ile-de-France), pour son action contre l’isolement des quartiers défavorisés (2e prix, 8 000 euros) ; la Scop Dowino (Rhône-Alpes), pour son projet de jeu vidéo accessible aux déficients visuels (3e prix, 6 000 euros) ; l’association La Chose publique (Lorraine), pour son action de valorisation de la culture auprès des quartiers sensibles (4e prix, 4 000 euros) ; la Scop Filles à retordre (Nord-Pas-de-Calais), pour son initiative de transformation des déchets en ressources créatives (Prix spécial du jury, 2 000 euros) ; et la Mutualité française Basse-Normandie, pour un projet favorisant l’autonomie des personnes en situation de handicap.


22 octobre 2015
Complémentaires : l’UFC-Que Choisir lance un comparateur indépendant
L’Union fédérale de consommateurs (UFC) Que Choisir a lancé, le 6 octobre dernier, son comparateur de complémentaires santé. Dans un contexte où les publicités concernant les organismes complémentaires d’assurance maladie (Ocam) sont légions, en vue de la généralisation de la complémentaire santé d’entreprise au 1er janvier 2016, contexte coïncidant avec la période de résiliation annuelle, l’UFC-Que Choisir aide les consommateurs à y voir plus clair. Le comparateur indépendant recense plus de cent contrats, recensés en fonction de la situation familiale, du lieu de résidence et des dépenses en optique et dentaire (voir exemple de résultat ci-dessous). Pour chaque poste de dépenses – le logiciel en recense cinq : médicaments, hôpital, médecine de ville, optique et dentaire – le comparateur affiche une signalétique permettant de comparer le prix du contrat à ses niveaux de remboursements (très bon, bon, moyen, médiocre, mauvais, non applicable).
L’indépendance : une conviction qui rassure
Contrairement à de nombreux comparateurs, celui de l’UFC-Que Choisir est, comme on pouvait s’y attendre, totalement indépendant. Ici, point de rémunération lors de la mise en relation entre un individu et une complémentaire, et, là où certains comparateurs sont mis en place par des filiales d’assureurs, l’Union fédérale de consommateurs respecte une scrupuleuse indépendance, garantissant l’objectivité de son contenu, tant dans son classement que la façon dont elle présente les différents éléments. Cette autonomie de choix permet également de représenter le marché de manière plus réaliste. Là où certains comparateurs ne présentent qu’une insignifiante partie du marché (seulement 14 organismes pour certains), l’UFC-Que Choisir compare 72 complémentaires. Un outil indispensable pour s’y retrouver dans un marché français partagé par 600 organismes complémentaires pratiquant le grand écart dans leurs tarifs.


15 octobre 2015
L’Udes bientôt intégrée au dialogue social
L’Union des employeurs de l’Economie sociale et solidaire (Udes) a gagné la bataille. L’organisation cherchait à avoir sa place au sein du patronat. En effet, après avoir obtenu près de 20 % des voix – côté employeurs – aux dernières élections prud’homales, et avec 478 conseillers prud’homaux, il était surprenant que l’Udes n’ait pas de siège au Conseil de la prud’homie. Mais la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a annoncé le 1er octobre, à l’issue de la convention nationale de l’Udes, sa décision d’intégrer l’organisation dans trois instances consultatives nationales du dialogue social avant la fin de cette année. La ministre a promis « un siège au sein du Haut Conseil du dialogue social et au sein du Conseil supérieur de la prud’homie [...] et, dans la foulée, au sein de la Commission nationale de la négociation collective », rapporte le magazine Localtis. Myriam El Khomri a par ailleurs fait état de sa volonté, pour l’Udes, de la voir prendre « toute sa place dans le dialogue social ». Cette participation permettra, selon elle, « d’être pleinement représentée dans le chantier de la structuration des branches et d’avoir toute sa voix quand un accord interprofessionnel est transposé ». La ministre a par ailleurs ajouté qu’elle « veillerai[t] à ce que [l’Udes soit] entendue dans le cadre de la réforme de la juridiction prud’homale ». L’Udes, qui représente les employeurs des associations, coopératives, mutuelles, et quatorze branches et secteurs professionnels (établissements sanitaires, sociaux et médicosociaux, aides à domicile, insertion, petite enfance, logement social…) a salué des « mesures [qui] renforcent la représentativité des employeurs dans le secteur », en ajoutant « plus la représentativité des employeurs de l’ESS sera forte, plus fort sera le rayonnement économique du secteur. »


12 octobre 2015
Une nouvelle définition pour le commerce équitable
La définition du commerce équitable a vu le jour avec la loi sur l’Economie sociale et solidaire (ESS) du 31 juillet 2014. Précisée par un décret du 17 septembre dernier, elle inclut dorénavant le commerce avec les pays en voie de développement comme avec les pays développés. Pour pouvoir étendre la définition, le décret s’appuie sur la réponse que le commerce équitable doit apporter aux travailleurs « en situation de désavantage économique » de trois cas de figures : s’ils n’ont pas accès aux moyens économiques et financiers ni à la formation nécessaire ; s’ils sont dans une situation de vulnérabilité liée à leur environnement physique, économique, social ou politique, ou encore s’ils ne peuvent habituellement avoir accès qu’à un marché local du fait des spécificités de leur territoire et de ses ressources. Les contrats établis entre ces travailleurs et leurs clients devront par ailleurs assurer la stabilité de la relation ainsi qu’un tarif donnant la possibilité de couvrir les coûts de production tout en garantissant un moyen de subsistance suffisant, et, enfin, une marge permettant d’investir dans l’outil de production. Une commission chargée de reconnaître les labels « commerce équitable » et les systèmes de garantie sera bientôt mise en place afin de compléter le dispositif.
Petit commerce devient grand
Le commerce équitable bénéficie aujourd’hui d’une notoriété très importante : 97 % des Français en ont connaissance alors qu’ils n’étaient que 9 % à en connaître l’existence il y a quinze ans. En 2006 puis 2013, le panier moyen des Français en commerce équitable a doublé. Avec 500 entreprises à son actif et la création d’environ 12 000 emplois, le commerce équitable représente un chiffre d’affaires total de quelque 500 millions d’euros en 2014, sans compter les 70 millions d’euros réalisés par le commerce Nord/Nord.


1er octobre 2015
Madeleine Hersent : décès d’une des pionnières de l’ESS
Mi-septembre, nous avons appris avec stupeur et tristesse la mort accidentelle de Madeleine Hersent. Elle était membre fondatrice de l’Inter réseau de l’Economie solidaire (IRES), puis du Mouvement de l’Economie solidaire (MES), formalisation du réseau en 2002, pour lequel elle a assuré la co-présidence de 2003 à 2007, et le représentait auprès du Labo ESS. Écrivaine, elle avait conçu dernièrement, avec Arturo Palma, l’ouvrage L’Economie solidaire en pratiques, un témoignage par les responsables de la diversité des mises en oeuvres d’initiatives économiques et solidaires de proximité. Par ailleurs, elle avait refusé la Légion d’honneur qui lui avait été attribuée, considérant que l’oeuvre de sa vie était avant tout collective et non individuelle. Elle a créé et dirigé, à partir de 1983, l’Agence de développement de l’Economie locale (ADEL), dont l’objectif central était « de faire (re)connaître les capacités de tous les publics à porter des initiatives économiques viables et porteuses de solidarité ». En tant que sociologue, elle ne distinguait pas la pensée de sa concrétisation et ses écrits sont empreints de ce souci de rendre visibles les initiatives de développement local. Elle soutenait notamment celles des femmes de quartiers populaires avec lesquelles elle bataillait pour leur aboutissement. Convaincue que l’Economie solidaire n’est pas un secteur spécifique d’activité économique, mais un principe politique de démocratie et de justice sociale, transversal et applicable à l’ensemble de la société, elle encourageait à la fois l’autonomie des femmes pour échapper à la dépendance financière et leur organisation, au sein de collectifs solidaires. Madeleine Hersent était une personne déterminée, et pugnace, et l’a démontré en contribuant, jusqu’à ces derniers jours, au chantier de transformation sociale que les membres du Mouvement pour l’Economie solidaire ont entrepris depuis plus de vingt ans.


24 septembre 2015

La loi ESS globalement renforcée
Trois lois promulguées cet été et une décision du Conseil constitutionnel ont eu des répercussions sur la Loi relative à l’Economie sociale et solidaire (ESS) de 2014. Si les acteurs de l’ESS craignaient un recul sur certaines avancées permises par la loi, leurs appréhensions se sont trouvées infondées. La loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (Notr), tout d’abord, laissait entrevoir des modifications sur la stratégie ESS au niveau régional. Mais il n’en est rien, la loi Notr confirmant au contraire les responsabilités des régions pour définir les orientations en matière de développement économique. La loi sur la Transition énergétique du 17 août dernier vient elle aussi appuyer l’ESS. Là où les collectivités et acheteurs publics étaient tenus, au-delà d’une dépense annuelle de 100 millions d’euros, de promouvoir les seuls achats socialement responsables, ils devront désormais appuyer également les achats écologiquement responsables ; l’économie circulaire devra, elle aussi, être privilégiée. D’ailleurs, les activités de l’ESS sont clairement entionnées comme des débouchés possibles du réemploi et du recyclage de produits actuellement peu réutilisés. En ce qui concerne l’obligation des employeurs d’informer leurs salariés pour faciliter leur éventuelle reprise de l’entreprise, le Conseil constitutionnel a validé le principe mais s’est tout de même prononcé contre l’annulation possible de la cession du fait de la « méconnaissance de l’obligation d’information des salariés », estimant que la sanction « portait une atteinte excessive à la liberté d’entreprendre et au droit de propriété ». Prenant note de cette décision, la loi pour la Croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques (Macron) a remplacé le dispositif par une amende n’excédant pas « 2 % du montant de la vente ».


17 septembre 2015

Mutualité française : les Etats généraux de la santé visuelle
« Le positionnement singulier de la Fédération (principal financeur, offreur de soins avec les opticiens mutualistes...) en fait l’acteur de référence pour porter la santé visuelle au coeur du débat public ». Par ces mots à l’Agence fédérale d’information mutualiste (AFIM), Etienne Caniard, le président de la Fédération nationale de la Mutualité française lance les Etats généraux de la santé visuelle (ESGV), un débat, avec l’ensemble des acteurs du secteur (opticiens, ophtalmologues, optométristes, associations de patients, réseau de soins, complémentaires santé...). Au moment où plus de 60 % des Français connaissent des problèmes de vision, il s’agit surtout de se mobiliser pour en améliorer l’organisation : accès aux professionnels dans les meilleurs délais, diminution du reste à charge des patients et équipements de qualité pour tous. Car selon la Mutualité française, « aujourd’hui, les complémentaires santés sont le financeur principal des soins optiques (avec 72 % de prise en charge), l’Assurance maladie n’en remboursant plus que 5 %. Au delà du remboursement, la Mutualité française intervient à plusieurs niveaux de la filière de la santé visuelle. » Avant la tenue de ces Etats généraux prévus le 15 décembre 2015, à la Maison de la Mutualité (Paris), divers ateliers préparatoires vont se dérouler avec un comité scientifique. Au cours de ces ateliers, une étude économique sera présentée ainsi qu’un état des lieux sur « cet enjeu de santé publique ». Ces ateliers se dérouleront au siège même de la Mutualité, sur quatre jours en novembre : l’atelier du lundi 2 se penchera sur les populations fragiles, celui du mercredi 4 sur l’accès à l’équipement, tandis que le mardi 17 sera sur la filière, la formation, la démographie alors que le dernier atelier du lundi 23 se concentrera sur les coopérations professionnelles et les innovations.


10 septembre 2015

CPU et Crédit coopératif : le premier guide « Université et ESS »
Permettre aux acteurs de l’Economie sociale et solidaire (ESS) de connaître les filières d’enseignements de l’ESS et à ceux de l’enseignement supérieur de tisser des liens avec les structures de l’ESS, afin de développer des synergies, telle est la force de ce guide. Un premier recensement bienvenu qui va permettre d’accélérer le développement de ceux qui se pencheront dessus. Dans l’ouvrage Université et Economie sociale et solidaire, on peut y lire cinq parties mettant en avant ce secteur porteur : un panorama de l’ESS, un inventaire de l’offre de formation et de recherche en ESS, université par université, une mise en avant de l’engagement associatif dans les campus universitaires, une partie consacrée à l’ancrage de l’ESS dans les territoires ainsi qu’une dernière partie portée sur la dimension internationale. En partenariat depuis six ans, le Crédit coopératif et la Conférence des présidents d’université (CPU) ont réalisé ce guide par l’intermédiaire de Jean-François Balaudé, président de l’université Paris-Ouest Nanterre La Défense ainsi que Gilles Baillat, président de l’Université de Reims-Champagne-Ardenne et président de la commission vie de l’étudiant et des questions sociales de la CPU. Deux premiers ouvrages permettaient déjà de voir leur volonté pour développer les relations entre ESS et universités : Le guide des bonnes pratiques en matière de fondations partenariales et universitaires et Le guide de l’accueil et de l’accompagnement de l’étudiant handicapé à l’université. Avec ce nouveau guide, ils montrent « une volonté partagée de faire progresser ensemble la connaissance sur une économie efficiente et respectueuse de l’homme. »
Guide disponible en ligne :
http://www.cpu.fr/wp-content/uploads/2015/08/150619_GUESS_maquette_web.pdf


3 septembre 2015

Economie collaborative : réflexion du Conseil national du numérique
Cet été, et pour faire suite aux différents conflits autour des taxis UberPop en France, le Conseil national du numérique a lancé un appel pour une réflexion globale sur la régulation de l’Economie collaborative. « Le Conseil souligne en premier lieu que le conflit qui oppose aujourd’hui les taxis à Uberpop n’est pas un conflit isolé ni une spécificité française, mais le symptôme d’une dynamique beaucoup plus large de montée en puissance de l’Economie collaborative à l’échelle mondiale. […] D’une part, elle peut être vecteur de renforcement du pouvoir d’agir économique des individus et d’innovation sociale. […] D’autre part, ces nouvelles activités peuvent s’inscrire dans une logique d’atomisation de la société et de détricotage de la protection sociale. […] Le Conseil appelle les pouvoirs publics à se saisir rapidement et de manière globale des nouveaux enjeux de régulation. […] Le Conseil considère en effet qu’une réglementation sectorielle, adoptée dans l’urgence, est une réponse inefficace à long terme. » Outre la responsabilisation des acteurs économiques, le Conseil parle d’adapter le droit du travail afin d’assurer la protection pour tous, et, dans son rapport Ambition numérique, il propose de « s’appuyer sur des critères objectifs pour requalifier la vente de biens, la location ou l’offre de services à la demande entre particuliers lorsqu’elles sortent du cadre amateur. » L’adaptation du droit du travail à la situation de ces « nouveaux » professionnels fera l’objet de prochaines réflexions au sein de ce Conseil national du numérique.


31 août 2015
France-Brésil : coopération renforcée en faveur de l’ESS
Martine Pinville, la secrétaire d’Etat chargée du commerce, de l’artisanat, de la consommation et de l’Economie sociale et solidaire (ESS), s’est rendue à Sao Paulo, le lundi 10 août pour supporter les 45 jeunes apprentis français en lice dans le cadre de la 43e édition de l’Olympiade des métiers, tout en appuyant la candidature française pour l’organisation de ces mêmes « Worldskills » prévus en 2019. Alors que 700 jeunes du monde entier, âgés de moins de 23 ans, se sont mesurés dans près de 50 métiers issus de différents secteurs économiques, Martine Pinville en a profité pour rencontrer l’économiste Paul Singer, secrétaire national pour l’Economie solidaire du Brésil, ainsi que Robert Marinho Alves da Silva, secrétaire national adjoint. La rencontre fait suite à une coopération débutée fin 2013 avec une déclaration d’intention conjointe des deux pays, où il était question de développer la formation des professionnels et des acteurs de l’ESS, ou encore de promouvoir des projets communs de coopération comme la finance solidaire. Lors de cette rencontre, la secrétaire d’Etat a discuté des avancées de l’ESS en France depuis la loi Hamon du 31 juillet 2014 et souligné les « beaux succès des reprises d’entreprises par les salariés, notamment en société coopérative, et ce dans les deux pays ». Pour elle, la dynamique de partenariat entre la France et le Brésil est bien engagée et elle compte renforcer les actions conjointes entre les deux pays : « Le développement de l’ESS est une priorité pour le Brésil comme pour la France. Nos deux pays doivent davantage sensibiliser nos jeunes aux débouchés qu’offre cette voie. En France, ce sont plus de 600 000 emplois non délocalisables qui seront à pourvoir d’ici 2020, autour de métiers très diversifiés. De la même façon, si de nombreux dispositifs existent aujourd’hui, là encore en France comme au Brésil, pour permettre la reprise d’une entreprise par ses salariés, ils doivent être davantage mobilisés. »


26 août 2015
Nouveau décret : avoir le statut d’entreprise de l’ESS
Toujours dans la lignée de la loi ESS de 2014, un nouveau décret publié le 16 juillet 2015 permet de mieux cerner et de comprendre les conditions à réunir pour qu’une entreprise commerciale (hors statuts coopératifs, mutualistes, associations ou fondations) puisse avoir le statut d’entreprise de l’Economie sociale et solidaire. Dès à présent, les entreprises qui font « publiquement état » de leurs qualités en tant qu’entreprises de l’ESS doivent contenir cinq mentions citées dans le décret, avec une définition précise de leur objet social devant répondre à au moins l’une des trois conditions fixées par la loi : avoir pour objet d’apporter un soutien à des personnes en situation de fragilité, contribuer à la lutte contre les exclusions et les inégalités sociales, sanitaires, économiques et culturelles, à l’éducation à la citoyenneté, notamment par l’éducation populaire, à la préservation et au développement du lien social ou encore au maintien et au renforcement de la cohésion territoriale. Elles doivent aussi justifier d’une gouvernance démocratique, que leur but ne soit pas uniquement le partage des bénéfices et que par exemple il y ait une interdiction pour la société d’amortir le capital et de procéder à une réduction du capital non motivée par des pertes. Si des entreprises commerciales collent aux mentions voulues, elles obtiennent le sésame, l’agrément « Entreprise solidaire d’utilité sociale (ESUS) ». À partir de ce moment-là, ces toutes fraîches entreprises de l’ESS bénéficieront ainsi d’aides et de financements spécifiques et pourront accéder à l’épargne salariale solidaire et à des réductions fiscales. Ce texte entrera en vigueur le 1er janvier 2016.


31 juillet 2015
Macif : Maci’Futur, nouveau projet d’entreprise
Avec son nouveau projet d’entreprise Maci’Futur, le groupe Macif, aux valeurs mutualistes, impulse une politique forte pour les cinq ans à venir. C’est au cours de son congrès annuel à Lille le 19 juin dernier, et avant la validation du texte le 23 juin par le Conseil d’administration du groupe, que ses 167 délégués nationaux ont réaffirmé leurs ambitions pour 2016 à 2020. Trois objectifs principaux ont été posés dans le projet Maci’Futur : en premier lieu, réaffirmer le modèle mutualiste du groupe au sein de l’Economie sociale et en promouvoir toute sa modernité. Car avant tout pour le groupe « il s’agit de servir au mieux les intérêts de ses quelque 5 millions de sociétaires et de renforcer la dimension collective de son organisation dans laquelle les membres sont parties prenantes et de construire ensemble des solutions à des besoins individuels ». Ensuite, il est question d’inscrire le développement de ses activités au cœur de son projet dans « une dynamique de conquête offensive, en vue de nourrir ses performances économiques et sociales », et enfin de faire évoluer l’organisation politique et technique du groupe au bénéfice d’un pilotage fondé sur les activités et les métiers. Il est logique de développer ce projet pour la Macif, qui innove depuis plus de cinquante ans dans chacun de ses métiers et « qui entend demain les faire évoluer, pour les pérenniser et en garantir la force et la différence. »


17 juillet 2015
MNH et Groupe Pasteur mutualité : Viverem, leur nouvelle union
Après avoir reçu l’agrément de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), l’Union mutualiste de groupe (UMG), créée par la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH) et le Groupe Pasteur mutualité et baptisée Viverem, totalisera 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires, près de 1 milliard d’euros de fonds propres, 33 % de parts de marché des personnes travaillant dans les établissements publics d’hospitalisation ou encore plus de 1,3 million de personnes protégées, pour à terme répondre à 100 % des besoins de plus de 2 millions de personnes du monde de la santé.
On peut donc parler « d’événement dans le secteur des mutuelles », puisque Viverem constitue en France le premier groupe de protection professionnel du monde de la santé et du social. Pour les deux acteurs mutualistes, cette union est logique, puisqu’ils travaillent tous deux dans le secteur de la santé et ont déjà fait l’objet d’expériences de commercialisation croisée. Selon Thierry Lorente, directeur général délégué de Viverem, la situation est « atypique » (Les Echos du 24 juin). « Nous avons découvert que nous étions proches et très complémentaires. Contrairement à d’autres mutuelles, nous ne sommes pas concurrents. De fil en aiguille nous avons voulu aller vers quelque chose de plus structurant », relate aussi Sylvain Chapuis, directeur général de Viverem.
Leur alliance permet d’avoir un rayonnement à 360 degrés auprès de tous les acteurs de la santé, de proposer des gammes de produits très complètes et de générer une synergie de distribution importante par la présence physique des agences et le réseau de proximité de courtage mais aussi la présence digitale et les plates-formes de vente à distance. Très ambitieux, ce rapprochement a des objectifs stratégiques : consolider les positions historiques des deux fondateurs, jouer sur l’effet d’échelle dans les négociations financières ou encore devenir un pôle d’attraction pour d’autres acteurs du secteur.
Et au final, que signifie Viverem ? C’est « un nom qui dit la vie, qui dit la santé. Du verbe latin vivere, "vivre". […] Le "e" au milieu de Viverem fait aussi le trait d’union entre les deux groupes ».


10 juillet 2015

La première librairie de l’ESS
Il faut aller dans le département d’Ille-et-Vilaine pour apprécier et découvrir l’unique librairie de France spécialisée dans l’Economie sociale et solidaire, l’innovation sociale et le développement durable. Appelée « Des idées et des livres », cette librairie associative, ouverte le premier dimanche de chaque mois, permet notamment de participer à des rencontres-débats avec des acteurs et des auteurs de l’Economie sociale et solidaire (ESS), et devient à ’occasion itinérante. Cet endroit est un parfait complément du site Internet, ouvert depuis mai 2015, qui lui référence les ouvrages, les bandes dessinées, les DVD ayant rapport aux thèmes de l’ESS via l’entrepreneuriat, l’habitat, la formation, la coopération, les fondations…
Idees-livres.fr ; adresse : 13-15, place Jehanin, 35190 Bécherel ; Mél : des-idees-etc@laposte.net.


3 juillet 2015
La mutuelle des étudiants (LMDE) : un nouveau souffle
Les 920 000 étudiants de la LMDE ont vécu comme un soulagement le sauvetage de leur mutuelle, avec la reprise en main globale par la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) de la gestion de l’assurance maladie et l’arrivée d’un nouveau partenaire mutualiste, Intériale.
Les premières mesures consistent à apporter 10 millions d’euros d’avance de trésorerie et à lancer la convention de substitution de LMDE, en ayant pour objectif « un retour à l’équilibre financier en 2017 et à l’équilibre technique en 2021. Puis d’organiser un développement ambitieux et réaliste de la LMDE » selon le directeur général d’Intériale, Nicolas Sarkadi, qui va aussi prendre la direction générale de la LMDE. Quant au président de la mutuelle Intériale, Pascal Beaubat, il a brisé le silence dans L’Argus de l’assurance du 18 juin, en faisant un point sur la réalité de la situation financière de la LMDE, lors de sa reprise. « Il faut arrêter l’intox sur ces chiffres. Cette somme de 93 millions d’euros recouvre des choses bien différentes. En réalité, le passif tourne bien autour d’une trentaine de millions d’euros. […] Il faudra attendre que le tribunal de grande instance de Créteil rende son verdict pour que tout soit clarifié. »


26 juin 2015

Scop et SCIC : en bonne santé
En pleine période de bilans de l’année 2014, la Confédération générale des sociétés coopératives et participatives (CG Scop), porte-parole des Scop et des sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC) auprès des pouvoirs publics et des acteurs politiques, ne déroge pas à la règle. Et elle n’a pas à rougir de son bilan, puisque son chiffre d’affaires atteint 4,4 milliards d’euros (+ 15,5 % sur les quatre dernières années). Elle enregistre par ailleurs une augmentation des coopérateurs et des coopératrices avec 2 680 Scop pour 51 000 salariés (47 500 dans les Scop et 3 300 dans les SCIC). Selon Patrick Lenancker, président de la CG Scop : « Les efforts de terrain déployés partout en France par notre réseau de 13 unions régionales au plus près des territoires, soutenus par notre campagne de sensibilisation à la transmission d’entreprises saines aux salariés, portent leurs fruits. En 2014, 277 Scop ont vu le jour. Si les créations ex nihilo restent majoritaires, on assiste à un record en matière de transmissions saines : 20 % des Scop créées l’an passé sont issues d’une transmission. »
Ce modèle entrepreneurial vit également une avancée dans la tertiarisation de l’économie, avec beaucoup de créations de sociétés dans ce secteur. « Près de 46 % des coopératives sont actives dans le secteur des services, 18 % dans le bâtiment et les travaux publics (BTP) et 14 % dans l’industrie suivis de près par le commerce et l’éducation, la santé et l’action sociale. La moitié des créations d’entreprises de coopératives sont actuellement réalisées dans les services, qui représentent quelque 1 230 Scop et SCIC et 18 300 emplois. » L’autre argument de poids pour motiver une création de Scop ou de SCIC est la résistance économique. Le taux de pérennité à trois ans est de 76 % alors que les entreprises françaises sont à 71 % pour la même durée, et de 64 % à cinq ans, contre 50 % pour les entreprises françaises. .


19 juin 2015

ESPER : l’ESS et les jeunes
En 2012, l’Economie sociale partenaire de l’école de la République (ESPER) avait lancé son Manifeste pour l’éducation à l’Economie sociale et solidaire. Depuis, cette association compte pas moins de 25 correspondants régionaux et 45 organisations de l’Economie sociale membres, qui agissent dans le champ de l’école et de la communauté éducative. Echanger, dialoguer, faire connaître le modèle de l’ESS auprès des jeunes, telle est la vocation de l’ESPER, surtout depuis les accords-cadres signés avec les ministères, en 2013 et en 2014.
En 2015, les objectifs de ces accords sont encore confirmés, avec une implication toujours plus grande dans les régions grâce aux 25 correspondants régionaux, et, même si les chambres régionales de l’Economie sociale et solidaire (CRESS) le font déjà, l’ESPER permet aux innovations locales de « faire système », avec une action de mutualisation et de création de passerelle entre les organisations, les territoires et les cultures militantes. Le pilotage national des accords, par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et celui de l’Education nationale, a fortement contribué à ce que les axes prioritaires de collaboration soient revus ou encore que les informations sur les initiatives d’éducation à l’ESS, recensées jusqu’alors région par région par l’ESPER, soient recoupées.
Et dans un futur proche, l’idéal serait ainsi « d’adapter les accords aux dynamiques locales ». Dans le fond, l’ESPER souhaite promouvoir l’ESS chez les jeunes, non pas en forçant pour créer une discipline précise, mais plutôt en rapportant les concepts de l’ESS tout au long de la scolarité, avec par exemple la pédagogie coopérative. La culture de la coopération chez les futurs entrepreneurs risque donc de passer de plus en plus par l’ESPER, à l’instar de l’appel à projets récent de la Caisse des dépôts culture de l’innovation et de l’entrepreneuriat, en partenariat avec la CRESS Champagne-Ardenne.


12 juin 2015
Les propositions pour l’emploi de l’UDES
Lundi 1er juin, l’Union des employeurs de l’Economie sociale et solidaire (UDES) a défendu ses vingt propositions face au Premier ministre, Manuel Valls, accompagné de François Rebsamen, ministre du Travail, d’Emmanuel Macron, ministre de l’Economie et de Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à la réforme de l’Etat et à la Simplification, dans le cadre d’une rencontre organisée pour échanger sur les mesures à mettre en place pour relancer l’emploi dans les très petites entreprises (TPE) et les petites et moyennes entreprises (PME)
L’apport et l’implication de l’ESS en France peuvent, en effet, créer beaucoup d’emplois, si les activités des entreprises nationales le permettent. L’UDES s'appuie sur les prévisions positives d’un dossier de France stratégie, « Les Métiers en 2022 », pour confirmer que d’ici à 2022, « 852 000 postes seraient à pourvoir dans les secteurs de la santé, l’action sociale, culturelle et sportive et 1 200 000 dans les métiers de services aux particuliers et aux collectivités ».
Parmi les vingt propositions, on trouve des propositions systémiques concernant « la valorisation des revenus du travail afin qu’ils soient systématiquement supérieurs aux aides sociales, ainsi que sur le développement de nouveaux modèles de croissance articulés avec les prévisions d’emploi à l’horizon 2022 ».
Mais il y a aussi le « maintien et la pérennisation des exonérations de charges actuelles consenties aux entreprises pour une meilleure visibilité des dirigeants et l’intégration du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) dans un dispositif plus large de baisse générale des charges au bénéfice de toutes les entreprises, y compris pour les associations, dès le 1er janvier 2016.
La mise en place d’un contrat de projet à durée indéterminée. Sa rupture serait conditionnée à la fin du projet ou à la fin de programmation d’un financement lié à une mission ou encore une modification des conditions d’accès des TPE/PME aux marchés publics »
.


5 juin 2015

Situation financière des organismes d’assurance maladie complémentaire :
le rapport 2014 de la DREES
Publié le 13 mai dernier, le chiffre principal à retenir de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) est celui des 33 milliards d’euros de cotisations collectés en 2013 sur le marché de l’assurance complémentaire, avec un excédent de 228 millions d’euros. Le marché reste dominé par les mutuelles mais, selon un article de Protection sociale informations : « [Elles], qui ont engrangé 54 % des 32,9 milliards d’euros de primes émises, ont continué de perdre du terrain au profit des sociétés d’assurance (28 %) et des institutions de prévoyance (18 %). Cette tendance est d’abord liée à la concentration du secteur […] mais aussi à l’essor des contrats collectifs. »
D’un autre côté, quand les mutuelles et les sociétés d’assurance non vie proposent essentiellement des contrats de santé individuels, les sociétés d’assurance mixte et les institutions de prévoyance, elles, se positionnent sur les contrats de santé collectifs. Par ailleurs, la DREES a retenu que « les organismes qui exercent une activité complémentaire santé sont en moyenne excédentaires en 2013. Ceux-ci respectent également les ratios prudentiels qui leur sont imposés dans le cadre du régime Solvabilité 1 ».


29 mai 2015

Finance solidaire : bilan annuel avec le baromètre Finansol
Publié le 18 mai en collaboration avec le journal La Croix, le point annuel de l’association Finansol, dont la mission est de développer la solidarité dans l’épargne et la finance depuis 1995, rassure quant à la progression de la finance solidaire en France.
Une progression encourageante
Fin 2014, les produits d’épargne solidaire représentaient 6,84 milliards ­d’euros, soit une progression des encours de près de 13,6 % sur l’année. Ils accompagnent des projets à vocation sociale et/ou environnementale, comme ce jardin expérimental à Colombes (Hauts-de-Seine) mêlant agriculture urbaine et Economie sociale et solidaire (ESS), pris en exemple par La Croix. Il en va de même pour l’Adhaf, une coopérative de services à la personne près de Toulouse, qui sans le soutien de financeurs aurait mis la clef sous la porte, alors que l’intégration et l’aide aux personnes âgées dépendantes ou handicapées font partie de leurs priorités.
Pas assez rentables, trop risquées pour les systèmes de financement classiques même si elles sont porteuses d’innovations et vecteurs de cohésion sociale, ces entreprises peuvent néanmoins avoir recours à la finance solidaire : la Nef – une banque solidaire –, la Fédération des cigales – regroupant des épargnants solidaires d’un même territoire –, ou encore l’IéS – coopérative de capital-risque solidaire – en sont trois exemples parmi d’autres. Elles sont présentes pour ces entreprises, qu’elles soient sociales, d’insertion, de commerce équitable, d’agriculture biologique ou d’énergies renouvelables. La finance solidaire progresse ainsi d’année en année, selon ce nouveau baromètre Finansol, et permet de consolider ou créer 43 000 emplois.
Tribune de Bernard Devert
Par ailleurs, le précurseur de l’épargne solidaire, Bernard Devert, président fondateur du mouvement de lutte contre le mal-logement Habitat et humanisme, s’est même fendu d’une tribune suite à la parution de ce baromètre, apparaissant plutôt rassuré d’y voir la confirmation du « développement d’une économie où l’homme est reconnu. […] Cette nouvelle donne des l’entrepreneuriat constitue un passage timide, mais réel vers la création de biens dont la finalité est le service des liens. L’argent perd de son pouvoir dominateur… ».


22 mai 2015

La Sécu fête ses 70 ans
La ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes Marisol Touraine a donné, le 5 mai, le coup d’envoi des manifestations qui seront organisées tout au long de l’année à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de la Sécu. C’est en effet en 1945, les 4 et 19 octobre plus précisément, qu’ont été publiées les ordonnances installant le régime général de la sécurité sociale en France. Véritable « trésor national », selon les mots de la ministre, ce système, né de l’idée selon laquelle « chacun est responsable de tous » (Saint-Exupéry), reconnaît pour la première fois le droit universel à la protection de la santé, à la sécurité matérielle et au repos. « Alors que certains remettent aujourd’hui en cause cette idée fondatrice en prônant l’affiliation facultative ou en parlant d’assistanat », la solidarité demeure « un principe fondateur », qui « n’est pas négociable », et qui reste « le meilleur rempart contre la dislocation », a insisté Marisol Touraine.
Vers une simplification du système ?
Cet anniversaire « doit être l’occasion de réfléchir à l’actualité de la Sécurité sociale », indique en outre le ministère dans un communiqué. Marisol Touraine a déjà annoncé sa volonté de simplifier le système, avançant par exemple l’idée d’une affiliation des assurés à une « même caisse tout au long de [leur] parcours, quels que soient les changements dans [leur] vie ».
Les différents événements prévus seront organisés autour de trois grands thèmes : la participation de la Sécu à la vitalité de la société française, le renforcement des liens entre ses agents et le public et les perspectives d’avenir. Au programme : des manifestations et des journées portes ouvertes dans les organismes de Sécurité sociale, mais aussi divers événements sportifs et culturels. Cinq tchats internet seront en outre proposés sur la retraite, la famille, l’emploi, l’accompagnement des personnes en difficulté et la carte Vitale. Enfin, une grande manifestation nationale aura lieu le 6 octobre sous l’égide des hautes autorités de l’Etat en association avec les partenaires sociaux.
Renseignements supplémentaires : Communication-securite-sociale.fr.


15 mai 2015

Chorum Facilit’ : le premier service d’accompagnement social des salariés de l’ESS
Chorum confirme son statut de mutuelle 100 % dédiée aux employeurs et salariés de l’Economie sociale et solidaire (ESS), avec plus de 22 000 adhérents et plus de 650 000 assurés et ayants droit. Chorum Facilit’ est un service qui vient d’être lancé par la mutuelle. Il répond aux besoins sociaux des adhérents, confrontés à des situations importantes ou difficiles dans leurs vies, ou aide à mieux connaître les dispositifs de soutien public, dont l’accès peut être complexe. Ce service permet en effet d’accéder à une manne d’informations via un site Internet, accessible à tous par ailleurs, mais également à un suivi et à un soutien téléphonique, gratuit et confidentiel pour les adhérents à la mutuelle, dispensé par des conseillers formés à l’accompagnement social.
Favoriser la conciliation vie privée/vie professionnelle
Sous l’impulsion de la quatrième édition du sondage « Les Français et leurs préoccupations de la vie quotidienne », ce « guichet unique » appuie sa légitimité avec des résultats dévoilant que « près d’un salarié sur deux déclare que ses préoccupations personnelles impactent son travail » ou alors que les « trois quart des salariés considèrent qu’il est du devoir de l’employeur de s’impliquer dans la vie professionnelle et/ou personnelle de ses salariés en cas de situations particulières ».
De ce fait grâce à Chorum Facilit’, l’isolement permet d’être brisé du côté des salariés de l’ESS grâce aux informations et au soutien personnalisé dont ils ­disposent. C’est aussi le cas du côté des dirigeants qui peuvent faire face à leurs salariés avec des réponses concrètes, proposées par le « guide unique ». La ­politique sociale de l’entreprise y est ainsi davantage développée.
Informations : chorum-facilit.fr.


11 mai 2015
Ile-de-France : quelle place pour les salariés de l’ESS ?
L’Atelier, le centre de ressources régional de l’Economie sociale et solidaire (ESS) en Ile-de-France a récemment publié une infographie interactive permettant de connaître quelle est la place de l’emploi dans l’ESS dans cette région.
Ludique, l’infographie n’en est pas moins intéressante par les informations qu’elle délivre. On y apprend par exemple que les salariés franciliens dans l’ESS se répartissent de la manière suivante dans les différents types de structures : ils sont 304 088 à travailler au sein d’une association, 32 966 pour une coopérative, 24 325 dans une mutuelle et enfin 26 694 dans une fondation.
Les femmes y sont nombreuses : elles représentent 65 % de l’ensemble des salariés.
La répartition par tranche d’âge révèle que les jeunes ne sont pas majoritaires dans l’ESS en Ile-de-France. Ainsi, ils sont 70 175 à n’avoir pas encore dépassé la barre des 30 ans. Entre 30 et 39 ans, les salariés sont un peu plus nombreux et se portent au nombre de 94 797. Entre 40 et 49 ans le nombre grossit encore pour atteindre 96 528, mais c’est particulièrement avec le nombre de salariés de 50 ans et plus que le phénomène se vérifie : ils sont 114 970 dans l’ESS en Ile-de-France.
L’ESS : un secteur plus équitable
En ce qui concerne les catégories socio-professionnelles, elles sont réparties de façon plus égalitaire dans l’ESS qu’ailleurs. Ainsi, dans l’ESS comme dans le secteur public, les cadres, professions intellectuelles supérieures et chefs d’entreprises représentent 24 % des effectifs. Ils sont en revanche 31 % dans le privé hors ESS. Les professions intermédiaires figurent au nombre de 33 % dans l’ESS, 26 % dans le public et 30 % dans le privé hors ESS. Les employés, quant à eux, sont à égalité avec les professions intermédiaires dans l’ESS, 35 % dans le public et 30 % dans le privé hors ESS. Enfin, les ouvriers représentent 21 % des salariés du privé, mais ne sont que 10 % dans l’ESS et 13 % dans le public.


24 avril 2015

Médéric Alzheimer publie une cartographie de la prise en charge de la maladie
La Fondation Médéric Alzheimer a récemment publié une cartographie de la prise en charge et de l’accompagnement de la maladie d’Alzheimer dans les départements français qui met en évidence certaines inégalités locales. « Si l’ensemble du territoire a connu des évolutions globalement positives au cours des dix dernières années, force est de constater l’existence de disparités départementales quand on met en regard les besoins des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et les équipements existants », indiquent les auteurs. Ainsi, 33 départements, situés pour la majorité dans le nord du pays et dans la région Rhône-Alpes, se caractérisent par des « taux d’équipement en places d’hébergement médicalisé, en places spécialisées Alzheimer, en accueil de jour, en lieux d’information et/ou de coordination gérontologique, proches de la moyenne française ».
Les zones rurales plutôt bien dotées
Les zones rurales, qui rassemblent essentiellement les départements du centre du Nord-Est et du Sud-Ouest de la France, sont bien dotées en places médicalisées, en lieux de diagnostics de la maladie, en places d’accueil de jour et de structures d’aide aux aidants. En revanche, les départements du grand Sud présentent des taux d’équipements inférieurs à la moyenne nationale, surtout en ce qui concerne les lieux de diagnostic, d’information et/ou de coordination gérontologiques. Enfin, la capitale se distingue quant à elle par « un net sous-équipement en places médicalisées et spécifiques Alzheimer (deux fois moins que la moyenne nationale) ». Idem pour les lieux d’information et les structures d’aide aux aidants.


17 avril 2015
Solvabilité 2 : le grand saut
La directive Solvabilité 2 a enfin vu le jour dans le droit français. L’ordonnance de transposition est parue au Journal officiel le 3 avril dernier. Les trois familles de l’assurance (mutualité, prévoyance, assurance) seront régies par le livre 3 du code des assurances. En revanche, les règles de gouvernance restent spécifiques à chacun des codes (mutualité, assurances et sécurité sociale pour les institutions de prévoyance). L’ordonnance parue le 3 avril définit uniquement la notion de groupe prudentiel et met en place les formes juridiques desdits groupes.
Toutefois, les principes législatifs posés par l’ordonnance devront être précisés par des décrets en Conseil d’Etat. Des sujets délicats, tels que la gouvernance, les modalités de fonctionnement des nouveaux groupes prudentiels ou encore les responsabilités issues de l’exercice des fonctions clés devront être éclaircis.
Les dispositions prévues par l’ordonnance parue au Journal officiel le 3 avril prendront effet au 1er janvier 2016. Seul l’article 19 prend effet dès à présent : il permet à l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) de recevoir – et éventuellement de s’y opposer – les notifications sur les personnes dirigeant l’entreprise de façon effective et les responsables de fonctions clés.
Les sociétés de groupe d’assurance mutuelle ont, quant à elles, jusqu’au 31 décembre 2017 pour rendre leurs statuts conformes avec les nouvelles dispositions concernant cette forme de groupe, ou pour se transformer en groupements d’assurance mutuelle.
A la même échéance, les groupements d’assurance paritaire devront devenir des sociétés de groupe assurantiel de protection sociale ou des groupements assurantiels de protection sociale. Quant aux entreprises exerçant des activités de run-off, elles ne devront appliquer le nouveau régime prudentiel qu’à compter du 1er janvier 2019.


10 avril 2015
ESS à Genève : une réalité bien implantée
Après-Ge, la Chambre genevoise de l’Economie sociale et solidaire (ESS), a récemment publié son panorama de l’Economie sociale et solidaire dans la ville pour l’année en cours et le constat est réjouissant. Du secteur de la production agricole à celui de la finance en passant par les services, l’ESS touche des domaines d’activité très variés. Le panorama révèle également que les formes juridiques prises par l’Economie sociale et solidaire sont multiples : associations, sociétés anonymes ou coopératives, l’ESS est partout. De la même manière, la taille des entreprises varie de la microstructure à celle employant plus de 250 salariés. L’étude du secteur révèle également que, contrairement à ce qu’il est communément admis, les financements publics ne sont pas une condition sine qua non pour la subsistance des structures : près de la moitié d’entre elles n’en reçoit aucun. En outre, le volume financier généré par les 208 entreprises et organisations étudiées s’élève à 400 millions de Francs suisses (environ 384 millions d’euros).
Un impact sociétal soutenu par la ville
Le panorama met en lumière le fait que certaines bonnes pratiques sont très répandues dans l’Economie sociale et solidaire genevoise. Ainsi, les femmes représentent presque la moitié des membres des directions exécutives, respectant aussi scrupuleusement que possible le principe de parité. Les apprentis sont également très nombreux : leur présence est trois fois plus importante que la moyenne observée dans les autres secteurs d’activité de la ville. Les structures de l’ESS sont aussi 80 % à offrir des prestations sociales supérieures au minimum légal, et 90 % des entreprises et organisations ont par ailleurs adopté des mesures tangibles pour limiter l’impact qu’ont leurs activités et leurs salariés sur l’environnement. Enfin, l’Economie sociale et solidaire bénéficie d’un soutien fort de la municipalité, qui poursuit le même objectif d’une économie locale durable et non délocalisable. La ville de Genève a d’ailleurs cofinancé l’étude en question.


3 avril 2015
Les complémentaires de santé : vers un rôle mieux taillé
L’Institut de la protection sociale européenne (Ipse) a organisé une rencontre, le 6 mars dernier, afin de permettre aux représentants des mutuelles, des instituts de prévoyance, des professionnels de santé et des patients d’entamer une discussion à propos du nouveau rôle à donner aux complémentaires santé. En effet, en l’absence de débat public quant à la place donnée aux organismes complémentaires dans le système de protection sociale, acteurs pourtant incontournables dans l’accès aux soins, l’Ipse a souhaité donner à chacun l’opportunité de prendre la parole. Le débat, conduit par le président de l’Ipse, ancien président de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), Jean-Marie Spaeth, s’est ouvert avec l’intervention d’Etienne Caniard, président de la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF), puis le lancement d’une table ronde intitulée « Les complémentaires pour les patients et les professionnels de santé : un rôle à définir au-delà du simple payeur ».
Points cruciaux
Dans un contexte où les complémentaires santé ont connu une succession de chocs – fiscal, de marché, réglementaire –, Emmanuel Roux, le directeur général de la Mutualité française, dont les propos sont rapportés par l’Agence fédérale d’information mutualiste (Afim) du 25 mars, explique : « Un changement de paradigme est indispensable, car le modèle économique des complémentaires santé est aujourd’hui intenable : on alourdit le coût des complémentaires par des taxes, on réglemente le panier de soins et, en même temps, les pouvoirs publics organisent une pression sans précédent sur les prix via des appels d’offres et la généralisation par le collectif dont on connaît les difficultés d’équilibre. » Aussi le débat a-t-il été l’occasion de mettre sur la table les points cruciaux concernant le devenir du rôle des complémentaires. Il est ressorti des discussions qu’en premier lieu les mutuelles devraient devenir des actrices globales de santé, afin de contribuer aux parcours de santé de leurs adhérents « et développer des services pour concrétiser ce besoin d’accompagnement », confirme Emmanuel Roux.
Etienne Caniard, quant à lui, s’intéresse à la régulation : « Il y a une nouvelle articulation à chercher afin de conserver au régime obligatoire un rôle de socle égalitaire et de trouver des éléments de souplesse permettant à chacun des acteurs de prendre ses responsabilités. »
En ce qui concerne les réseaux de soins, ils se révèlent être un élément de régulation du système de santé et peuvent, par ailleurs, être plus intéressants sur le plan économique. Aussi, Emmanuel Roux plaide pour une plus grande « capacité à conventionner, aujourd’hui trop limitée ».
Par ailleurs, en matière de prévention, Jean-Paul Lacam – délégué général du Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) – souhaite développer davantage les actions de prévention, afin d’une part d’assurer un meilleur dépistage de certaines maladies et d’autre part de « permettre aux entreprises de remplir leurs obligations légales vis-à-vis de la santé de leurs collaborateurs ».


30 mars 2015
Michel Abhervé, professeur associé à l’université de Paris Est–Marne-la-Vallée, spécialisé dans l’économie sociale et les politiques publiques, est également contributeur pour Alternatives économiques. Dans le blog qu’il tient pour le journal, il est revenu, le 18 mars dernier, sur l’amendement concernant l’amélioration de la qualité de l’intervention à domicile, récemment voté au Sénat. Dans le cadre du débat entamé sur la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement, Michel Abhervé a tenu à saluer « l’adoption d’un amendement de Jean Desessard, sénateur écologiste de Paris, [qui souligne que] “l’amélioration de la qualité de l’intervention à domicile passe également par la prise en compte d’un temps d’échange entre les personnes âgées et le professionnel de l’aide à domicile, au-delà de l’intervention technique dans la définition des besoins” ». Michel Abhervé rapporte aussi l’opposition de Laurence Rossignol, qui s’est « exprimée en ces termes : “Votre amendement a des conséquences en termes de rémunération, d’organisation du travail. Il est donc potentiellement source de dépenses. Avis défavorable” ». Et il se félicite du fait que, malgré cet avis, « l’amendement sera voté unanimement par le Sénat ». Miche Abhervé conclut que, « s’il reste à ce que cette rédaction trouve une traduction concrète, il faut saluer la prise de conscience que l’aide à domicile ne se réduit pas à une dimension technique et que la dimension relationnelle est pleinement constitutive du service qui ne peut se réduire à une prestation. Nous sommes vraiment, par cette formulation, en rupture complète avec une conception qui, depuis des années, tente de réduire la dimension relationnelle au profit de la seule prestation technique, au nom d’une logique gestionnaire à court terme ».


4 mars 2015
Dans un dossier consacré à la mise en place de l’accord national interprofessionnel (ANI), du 11 février dernier, le quotidien Les Echos a publié, en introduction, un article qui récapitule la situation : le journaliste Arnaud Le Gal note que, malgré l’échéance du 1er janvier 2016 à laquelle toutes les entreprises devront proposer une couverture santé à leurs salariés, « rares sont les PME et les TPE à franchir le pas. […] Il est, certes, des exceptions : des adeptes de l’anticipation et les petites structures adossées à des groupes où cette couverture est généralisée. Mais pour les autres, […] la pression ne peut donc que monter sur la direction et les responsables RH des petites entreprises. […] Certains employeurs pourraient se dire qu’il sera toujours temps d’entrer “dans le dur” à l’automne. Sans doute gagneraient-ils à ne pas retarder davantage le moment de préciser leur feuille de route pour réduire le risque de tension avec leurs collaborateurs sur ce sujet, sensible ». Arnaud Le Gal conclut : « L’occasion est trop belle de transformer cette nouvelle obligation en outil de management. ».
20 février 2015

Le quotidien La Dépêche a récemment consacré l'un de ses articles à une rencontre entre représentants de différentes Scop du Grand Sud, qui a eu lieu le 13 février dernier au centre social du Viguier, à Carcassonne. Organisée par les Amis de la Fabrique du Sud, les Amis du Monde diplomatique et l'association 11 Bouge, cette journée a permis de faire ressortir que « l’économie sociale et solidaire, sur le fond, tout le monde est pour. Sur la forme, le modèle reste à dessiner, à ourler et le résultat final à consolider ». En ce qui concerne particulièrement le modèle des Scop, l'article rappelle que, « la plupart du temps, ces entreprises sont créées après la fermeture ou la délocalisation de sociétés ou d'unités de production. C'est le cas, notamment et par exemple, de la Fabrique du Sud (ex-Pilpa) ». Les échanges ont montré que, « d'une part, le système relève de “l'exploitation par soi-même“ et que, [d’autre part], il trouve ses limites en matière de compétitivité ».
En effet, la « dizaine de représentants de Scop venus de tout l'arc méditerranéen ont témoigné de la même difficulté : la quasi-impossibilité de s'aligner sur les prix pratiqués par des structures traditionnelles et classiques. C'est le cas surtout dans le bâtiment ou dans l'équipement. Concrètement, acheter une glace de qualité pour 10 ou 20 centimes d'euros de plus qu'un produit industriel ne pose pas vraiment de problème au consommateur, d'autant plus qu'il sait accomplir un geste militant en faveur d'anciens salariés. En revanche, pour la pose de vitrages et de volets roulants, voire pour la construction d'une maison, donc pour des dépenses plus conséquentes, la différence de coût pour le client est telle, entre une SA, une SARL et une Scop, que [...] la militance trouve ses limites… ».
Aussi, « tous les intervenants se sont entendus sur le fait que “résister, c'est créer”. Mais aussi sur un autre : la nécessité [d’]alerter les législateurs. “Il y a des méthodes à construire avec les acteurs locaux. Il n'existe pas actuellement de modèle, donc tout est à écrire et à inventer”.
Mais le temps presse, car si certaines de ces sociétés connaissent des débuts encourageants, [… ; d’autres] sont déjà en difficulté […], essentiellement de petites structures qui ont bien besoin d'aide ou d'obtenir des marchés auprès des collectivités locales, par exemple. C'est l'une des pistes à exploiter ».
6 février 2015
« L’entreprise n’appartient pas qu’aux actionnaires », titre Alternatives économiques dans son numéro de février. Les auteurs de l’article, Michel Capron et Françoise Quairel-Lanoizelée, chercheurs, statuent : « Le régime du capitalisme managérial a longtemps laissé une grande latitude aux dirigeants […]. Mais à partir des années 70, la dissociation entre managers et actionnaires a posé la question de la légitimité du choix des dirigeants et de la définition et du contrôle de leur mission. Une question désignée sous le terme de […] gouvernement d’entreprise. Ce mouvement […], consubstantiel à la montée en puissance des investisseurs institutionnels sur les marchés financiers et de la financiarisation de l’économie […], consacre le pouvoir de l’actionnaire. […] Ainsi s’est construit le postulat du capitalisme financier : les actionnaires sont pleinement légitimes pour définir les objectifs de l’entreprise et nommer et contrôler ses dirigeants. Et cela au nom de la théorie de l’agence, qui a, elle aussi, largement contribué à imposer la souveraineté actionnariale : les actionnaires, détenteurs du pouvoir, confient à un intendant le soin de maximiser le profit pour leur compte. »
« Pour mettre en œuvre cette corporate governance, expliquent les auteurs, on établit des codes de conduite […]. L’objectif est que les actionnaires, au travers du conseil d’administration, contrôlent mieux les dirigeants. […] On constate cependant toujours des dysfonctionnements massifs tant au niveau du contrôle effectif des dirigeants […] que des erreurs stratégiques provoquées par le court-termisme induit par ce mode de gouvernance. […] Face à ces dysfonctionnements, Joel Bakan proclamait en 2004 qu’“il faut pouvoir libérer la corporation de son assujettissement aux actionnaires, élargir son mandat à des domaines plus vastes de la vie sociale et l’obliger à rendre des comptes à tous les acteurs sociaux”. » Mais si « quelques régulations vont d’ores et déjà dans ce sens […], cette approche de la gouvernance de l’entreprise se heurte cependant à des contre-tendances très fortes ». Ainsi, « même les décisions liées à la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise ne sont toujours appréciées qu’à l’aune de la création de valeur financière qu’elles sont susceptibles d’engendrer pour eux ».

30 janvier 2015
« La vérité, l’âpre vérité », disait Danton. Emmanuel Macron en a récemment fait les frais, mais – espérons-le – pour le mieux. C’est au cours d’un colloque organisé par Bercy que le ministre de l’Economie a reconnu, face à l’économiste Thomas Piketty, « l’échec » du modèle français en matière d’égalité économique et sociale. La dépêche AFP reprise par le quotidien Les Echos précise les mots d’Emmanuel Macron : « “Nous sommes en échec, c’est la réalité des constats de long terme que Thomas Piketty a établi, il faut bien le constater” […] Le ministre a reconnu que ces inégalités contribuent à “ralentir la croissance en augmentant toujours plus l’accumulation d’un capital dans les mains d’un petit nombre, mais aussi en sapant le dynamisme, l’innovation [et] les ressorts de l’investissement”. Thomas Piketty, qui prône une taxation des revenus du capital au niveau international, avait été en 2012 l’artisan de la grande réforme fiscale que le président François Hollande avait promis de réaliser à son arrivée à l’Elysée, mais qu’il a abandonnée depuis. […] Parlant des inégalités comme d’un “couvercle sur la réussite”, le ministre de l’Economie s’est interrogé sur la manière de “convertir” cette préoccupation en “politique concrète”. [...] Il a appelé à “une réflexion, sans doute plus profonde que celle que nous avons conduite [...]. La vérité m’oblige à dire que la manière dont l’Europe a traité la crise de 2008-2011 n’a pas aidé à régler le problème [...]. Les intérêts capitalistiques acquis par le passé ont plutôt été protégés par la crise dans la manière que nous avons eu de la traiter”, a encore dit monsieur Macron. »


22 janvier 2015
Le numéro 58 de TSA-quotidien consacre un long article aux problématiques soulevées par le journalisme vis-à-vis du travail et des travailleurs sociaux. Peuvent-ils faire bon ménage ? C’est la question que la journaliste pose, en partant d’un cas concret : « Quand Barbara, aide médico-psychologique (AMP), a alerté et signalé des faits de maltraitance institutionnelle dans l’institut médico-éducatif (IME) dans lequel elle travaillait, elle n’a pas été entendue. Quand les médias ont été interpellés pour relayer l’affaire, début 2014, tout a changé : “Tout seuls, on n’était pas assez forts pour dénoncer. […] Les médias ont été un formidable outil de sensibilisation : ils ont permis de briser la loi du silence, de faire prendre conscience de ce qui se passait et de mobiliser les politiques : l’IME a été mis sous tutelle.” » « Les médias ont la vertu de diffuser des problématiques sociales au plus grand nombre, souligne la journaliste. A partir du moment où ils informent largement, ils font pression politiquement. [Mais] les journalistes […] préfèrent parler des trains qui déraillent plutôt que de ceux qui arrivent à l’heure. Et c’est là qu’ils se heurtent aux professionnels du travail social. »Pour Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre, « il faudrait que les journalistes fassent comprendre que l’action sociale est une responsabilité collective et pas uniquement celle des travailleurs sociaux ». La Convention nationale des associations de protection de l’enfance (Cnape) estime, pour sa part, qu’il faut « construire une relation de confiance avec les journalistes. Que les professionnels évitent les réactions de surprotection ou de retranchement derrière le secret des familles ». La journaliste explique en effet que « cette défiance les dessert : soit on ne parle pas d’eux, soit on en parle mal ». Pour Pascal Champdevert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), « il faut savoir prendre le risque du “jeu médiatique”. Il se peut que le journaliste ne choisisse pas l’angle que l’on souhaitait […]. C’est un risque à assumer pour contribuer à la prise de conscience de la société sur un sujet […]. Côté médias, les journalistes seraient peut-être mieux accueillis par le secteur social s’ils acceptaient de le montrer au plus proche de ce qu’il est : dans ce qu’il loupe, mais aussi dans ce qu’il réussit ». « Reste à trouver la manière de rassurer des journalistes qui […] ont très peur d’être instrumentalisés », réfléchit l’auteure de l’article, qui conclut sur une note plus positive : « L’espoir est permis, les journalistes qui s’intéressent à des questions sociales […] ne le font pas par hasard. Ils sont souvent animés du même désir d’aide et de justice que les travailleurs sociaux. »


16 janvier 2015
Dans un article du quotidien Les Echos paru le 15 janvier, Nouriel Roubini, professeur d’économie à la Stern School of Business à l’université de New York, pose la question de la révolution digitale en cours, qui risque de mener à une destruction d’emplois encore jamais vue, peut-être jamais envisagée : « Dans les années à venir, les avancées technologiques en matière de robotique et d'automatisation doperont la productivité et l'efficacité, avec des gains économiques importants pour les entreprises. Pourtant, sans politique appropriée de création d'emplois, le progrès technologique pourrait s'accompagner d'une forte montée du chômage. Les récents progrès technologiques présentent trois inconvénients : ils nécessitent généralement des capitaux importants (ce qui favorise ceux qui disposent déjà de ressources financières), des qualifications élevées (ce qui favorise ceux qui ont un niveau de formation élevé) et réduisent le besoin en main-d'œuvre (ce qui limite le nombre d'emplois peu ou non qualifiés dans l'économie). Le risque est de voir la robotique et l'automatisation remplacer les ouvriers avant même que ne retombe la poussière de la troisième révolution industrielle. […] L'usine du futur, ce sera peut-être 1 000 robots et un seul employé pour les diriger. Et rien ne garantit que les créations d'emplois dans les services vont continuer à compenser les pertes d'emplois dans le secteur industriel. Le progrès technologique est tel que de nombreux services peuvent être rendus à distance, ce qui permet de les délocaliser en Asie ou dans d'autres pays émergents. Dans ces derniers aussi, la technologie va finir par remplacer les emplois dans l'industrie et dans les services. […] Les innovations technologiques entraîneront des pertes d'emplois dans l'éducation, la santé, la fonction publique et même les transports. Aurons-nous encore besoin d'autant d'enseignants dans les prochaines décennies si la crème de la profession produit des cours en ligne de plus en plus sophistiqués que pourront suivre des millions d'étudiants ? […] La fonction publique diminuera également, notamment dans les pays surendettés et dans ceux dont le budget est le plus déficitaire. Et la gouvernance par Internet pourrait compenser la perte des emplois par des gains de productivité en transformant la manière de fournir des services au public. La technologie révolutionne aussi le transport. Dans quelques années, les voitures sans chauffeur - grâce à Google et à d'autres - rendront des millions d'emplois obsolètes.
« L'innovation technologique, qui nécessite des capitaux importants et qui permet de se passer de la main-d'œuvre, est l'un des facteurs à l'origine de la montée des inégalités de revenu et de patrimoine. La croissance des inégalités freine alors la demande et la croissance, et devient une source d'instabilité sociale et politique, car elle se traduit par un transfert de revenus de ceux qui dépensent la plus grande partie de ce qu'ils gagnent (les ménages qui ont des revenus moyens ou faibles) vers ceux qui économisent le plus (les personnes fortunées et les entreprises florissantes). […] A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, les dirigeants politiques ont cherché à réduire au maximum les inconvénients majeurs de l'industrialisation. […] Alors que nous cherchons des solutions éclairées en réponse aux défis de la troisième révolution industrielle, un thème domine tous les autres : pour parvenir à une prospérité généralisée, il faut que les travailleurs disposent des qualifications voulues pour participer au monde nouveau issu de l'économie digitale. Cela ne suffira peut-être pas, auquel cas il sera nécessaire de fournir un revenu supplémentaire permanent à ceux dont l'emploi aura été remplacé par un programme informatique ou par une machine. Ici aussi, tenons compte des leçons du passé ! »


8 janvier 2015
L’Echo républicain revient sur les initiatives des Drouais qui, à travers l’organisation des Débats drouais réunissant des chrétiens de la paroisse et l’organisation du Cercle laïque, consacrent un film et un colloque à l’économie sociale et solidaire. « Depuis plusieurs années, les Débats drouais ont l’habitude de réunir chrétiens et militants laïques pour réfléchir aux questions qui agitent la société. Cette année, “mettre l’argent au service de l’homme” est au menu d’une rencontre en deux temps. “On commence par proposer le film Discount, qui sera diffusé en avant-première […]. Le film est une entrée en matière qui invite le public à nous rejoindre […] pour un colloque. […] Le public aura l’occasion de participer à des tables rondes. Il ressortira avec des concepts clairs dans la tête et, surtout, une boîte à outils pour savoir quoi faire à son niveau.” Car c’est souvent là que le bât blesse : beaucoup de gens veulent bien être solidaires, permettre à l’économie locale de se développer et de créer de nouveaux emplois, placer son argent dans des causes humanistes, “mais on ne sait pas toujours comment faire. […] C’est en étant informés, en posant des questions aux banquiers ou à nos responsables politiques que l’on pourra faire avancer l’idée d’une société où l’argent n’est plus central”. »

 

 

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